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Les espoirs d'Anglade à gauche

Les espoirs d'Anglade à gauche
Photo d'archives

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On a mentionné à quelques reprises, récemment, la tentative de virage nationaliste de Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral.

On a moins glosé sur son autre tentative : virer à gauche.

La cheffe a perdu certains conseillers (dont Jérôme Lussier) qui cherchaient à faire du PLQ un parti « progressiste », mais l’intention est manifestement demeurée.

Un stratège libéral l’admettait tout récemment : sur l’économie, il sera désormais difficile pour les libéraux de « battre » Legault, lequel aurait ravi au PLQ la fameuse étiquette.

Chose certaine, les images d’archives exhumées jeudi, où l’on voyait Mme Anglade, ministre de l’Économie de Philippe Couillard, annoncer en grande pompe l’appui du gouvernement à la C Series de Bombardier (placement qui ne vaut plus rien), étaient assassines.

Parions que François Legault s’en servira la semaine prochaine. Dans l’opposition, il avait attaqué inlassablement la manière dont les libéraux avaient investi dans Bombardier.

Faiblesse

Mais sur le « social », m’a expliqué un rouge du Québec en début de semaine, Legault est « faible », il prêterait flanc.

Son attitude face à la question autochtone, cette semaine, l’aurait bien montré. Le chef caquiste, à deux reprises, a donné l’impression qu’il avait un « cœur de pierre » (expression utilisée par la collègue Geneviève Lajoie au micro de QUB, hier).

Ce fut le cas jeudi, lorsqu’il expliqua son refus de transformer le 30 septembre en jour férié, avec pour seul argument la « productivité » déficiente du Québec.

La veille, en pleine commémoration du décès de Joyce Echaquan au Salon bleu, il avait laissé une impression similaire en s’attaquant de manière partisane au libéral Gregory Kelley (qui le méritait, certes ; mais bon, le premier ministre aurait pu attendre quelques heures).

Trudeau-2015

Le PLQ compte s’engouffrer dans la « faille sociale ». Avec l’espoir de reprendre – au moins en partie – la stratégie du « pari progressiste » de Justin Trudeau, en 2015. Bref, laisser droite et gauche s’entrechoquer, puis se démarquer par une politique « positive » et « généreuse ».

Thomas Mulcair, alors chef néodémocrate, promettait des budgets équilibrés. Et avait fini par se faire doubler à gauche par un Justin voulant libérer le cannabis et emprunter les voies « ensoleillées » (et solidement endettées !).

Anglade réussira-t-elle, dans la prochaine année, à plaquer ce schéma sur le système politique québécois ? Certains obstacles sautent aux yeux : a) Anglade n’est pas Justin ! b) le Québec a sa propre dynamique politique ; c) le PLQ se sera-t-il suffisamment refait une « virginité » ; aura-t-on oublié l’« austérité » (ou la rigueur) des années Couillard ? Tâche ardue, tant que Carlos Leitao et Gaétan Barrette feront partie de l’équipe.

Au reste, la CAQ, quoi qu’on dise, est beaucoup plus au centre que les conservateurs de Harper ne l’étaient en 2015. Ouvert à l’intervention de l’État, ne reniant aucune composante de l’État-providence québécois, François Legault peut même se revendiquer d’une « gauche efficace ».

D’ici un an, avec son nouveau chef parlementaire, Québec solidaire tentera peut-être de se présenter davantage comme une « gauche de gouvernement ». C’est son défi, s’il veut croître. Mais on restera toujours loin de l’orange Mulcair de 2015.

En l’absence de NPD-Québec bien structuré, toutefois, le PLQ espère grappiller quelques voix chez les progressistes non souverainistes qui sont rebutés par l’indépendantisme de QS.