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«Les Saints Criminels de Newark»: de retour chez les Soprano...

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Photo courtoisie

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Avions-nous vraiment besoin d’un long métrage sur l’adolescence de Tony Soprano? 

Nous sommes dans les années 1960, à Newark dans le New Jersey. Raconté, par-delà la mort, par le personnage de la série Christopher Molsanti (Michael Imperioli), on assiste à une lutte de pouvoir entre différentes factions gravitant autour de la famille DiMeo. Le personnage central est Dickie Moltisanti (Alessandro Nivola), père de Christopher. On croise Aldo Moltisanti (Ray Liotta), surnommé Hollywood Dick, Johnny Boy Soprano (Jon Bernthal) – le père du jeune Tony (Michael Gandolfini) – et Junior (Corey Stoll).

Comme tout tourne autour de Dickie, c’est lui qui prend Tony sous son aile – un élément souvent entendu dans la série –, qui a maille à partir avec Harold McBrayer (Leslie Odom Jr.), l’un de ses anciens employés. C’est d’ailleurs l’un des éléments les plus intéressants du film que de voir la volonté de McBrayer de créer une mafia «noire» en plein mouvement des droits civiques et des soulèvements de Newark en 1967.

Autre élément qui mérite l’attention, le fait que Vera Farmiga incarne Livia Soprano, la mère dépressive de Tony. On lui trouve, de temps à autre, une parenté avec Eddie Falco, interprète de Carmella, sa femme, dans la télé série de HBO et on aurait souhaité, de la part des scénaristes David Chase et Lawrence Konner – auteurs de la série – qu’ils passent plus de temps à détailler la relation entre la mère et le fils. Et enfin, Ray Liotta, qui incarne à la fois Hollywood Dick et son jumeau emprisonné Sally Moltisanti, est l’un des personnages les plus intéressants de ce film de 120 minutes.

Réalisé par Alan Taylor, autre transfuge de la série «Les Soprano», le long métrage ne parvient jamais à se débarrasser d’un air d’épisode. Est-ce le survol de chaque sous-intrigue? L’absence d’enjeux réels, d’implication émotive du spectateur? Peut-être est-ce aussi le fait que compte tenu de la part relativement peu importante consacrée à Tony Soprano, qui n’est qu’un adolescent maladroit et pas encore criminel, «Les Saints Criminels de Newark» n’apporte rien de nouveau pour qui n’est pas passionné de la série.

Comme «Sexe à New York», «Chapeau melon et bottes de cuir», «Ma sorcière bien-aimée» ou encore «Les mystères de l'Ouest» et «Downton Abbey», certaines séries ne peuvent – et ne doivent – vivre qu’au petit écran.

  • Note: 3 sur 5