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Sarko au cachot. Ben non voyons!

Sarko au cachot. Ben non voyons!
AFP

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Nicolas Sarkozy vient d’être trouvé coupable d’avoir sciemment outrepassé le plafond de ses dépenses électorales de 2012 de plus de 20 millions d’euros. Mais rassurez-vous, sa condamnation à un an de «prison ferme» n’est qu’une argutie juridique. Il en appelle du jugement et, si sa condamnation est confirmée, il va purger sa peine dans le confort et l’intimité de son foyer.

On se croirait au Québec. Ici aussi, les crapules liées au Parti libéral s’en sortent assez facilement. Elles font traîner ça devant les tribunaux, allant d’appel en report jusqu’à tant que leurs amis dans la magistrature puissent évoquer les «délais raisonnables» ou autres «vices de procédures» pour décréter un nolle prosequi. La magistrature et le système judiciaire sont pollués par des amis du Parti.

Mais revenons au cas Sarkosy. Il n’est pas le seul de son gang de «malfaiteurs politiques» à être trouvé coupable. Treize autres personnes proches de Sarkosy, impliquées dans la fraude, ont aussi été condamnées à des peines de prison allant de deux ans à trois ans et demi.

Et en mars dernier, son bras droit et ex-premier ministre, François Fillon, a également été trouvé coupable et condamné à cinq ans de prison, dont deux prétendument «fermes». Son épouse a écopé de trois ans de prison avec sursis et de 375 000 euros d’amende pour détournements de fonds publics, complicité et recel. Ils restent libres jusqu’à leur procès en appel.

Toujours en mars, Sarko avait été condamné à une première peine de «prison ferme», après avoir été reconnu coupable de corruption et de trafic d’influence pour avoir tenté d’obtenir illégalement des informations de la part d’un juge sur un dossier dans lequel il était impliqué.

Le nom de Sarkosy apparaît dans douze affaires judiciaires, selon un relevé fait par le journal Le Monde. Pas mal pour un ancien ministre de l’Intérieur qui s’est toujours présenté comme un ardent défenseur de «la loi et l’ordre». Jusqu’ici, Sarko a été l’objet de deux condamnations et de deux non-lieux. Plusieurs autres dossiers judiciaires l’impliquant sont toujours ouverts. Parmi eux, le plus mystérieux est celui où il est soupçonné d’avoir fait financer une partie de sa campagne présidentielle de 2007 par l’ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi.

Ce lourd fardeau judiciaire ne semble pas nuire outre mesure à sa popularité auprès de l’électorat de droite en France. Il entretient d’ailleurs des relations cordiales avec Emmanuel Macron. Christian Jacob, le patron des Républicains – le parti fondé par Sarko – a qualifié sa condamnation de «choquante». Au nom des Républicains, il a tenu à exprimer «notre affection, notre soutien à Nicolas Sarkozy et notre immense fierté de l’avoir eu comme Président de la République».

Sarkozy s’est déjà ridiculisé en demandant à la justice d’interdire la vente d’une poupée vaudou à son effigie. La poupée Sarko était vendue avec un jeu de 12 épingles et un manuel expliquant comment lui jeter un sort. Le tribunal de Paris a rejeté sa demande, jugeant que la poupée était protégée par ce qu’il a appelé le «droit à l’humour». En tant que ministre de l’Intérieur, il s’était fait ardent défenseur du droit des médias de publier des caricatures du prophète Mahomet offensantes pour les musulmans.

Sarkosy est un intime des Desmarais. Il a déjà affirmé qu’il se sentait «comme un membre de la famille» lorsqu’il séjournait dans leur domaine de Sagard dans Charlevoix. À l’occasion d’une visite en 2008, il a déclaré: «Si je suis président maintenant, je dois cette partie aux conseils, à l’amitié et à la loyauté de Paul Desmarais.»