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Nucléaire: l’Iran réclame 10 milliards de dollars à Washington avant de négocier

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AFP Le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian.

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TÉHÉRAN | Étranglé par les sanctions économiques, l’Iran réclame dix milliards de dollars d’avoirs gelés aux États-Unis pour mesurer les «réelles intentions» américaines dans les négociations sur le nucléaire iranien, au point mort depuis juin.

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Si les Américains «ont de réelles intentions (de sauver l’accord), qu’ils libèrent une partie de nos avoirs, par exemple dix milliards de dollars gelés dans des banques étrangères, et les restituent à l’Iran», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian samedi soir dans un entretien à la télévision d’État.

Les États-Unis ont rétabli des sanctions économiques à l’encontre de l’Iran après s’être retirés unilatéralement en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien.

Ce pacte conclu à Vienne en 2015 offrait à Téhéran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l’arme atomique et d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l’ONU.

L’Iran, qui a progressivement abandonné ses engagements après le retrait américain, compte également poursuivre la Corée du Sud en justice, excédé par le refus de Séoul d’honorer une dette de près de huit milliards de dollars d’achat de pétrole.

«Les pressions américaines (sur la Corée du Sud) sont un fait, mais nous ne pouvons pas continuer à faire belle figure et à fermer les yeux sur cette question», a insisté M. Amir-Abdollahian.

Les fonds iraniens déposés dans deux banques coréennes sont bloqués malgré les demandes répétées de Téhéran de les libérer. Ces fonds gelés depuis trois ans se montent à 7,8 milliards de dollars et proviennent d’exportations de pétrole iranien, a indiqué dimanche à l’AFP le député iranien Aliréza Salimi.

Si Séoul ne prend pas des mesures rapides, Téhéran n’empêchera pas la Banque centrale iranienne de poursuivre en justice la Corée du Sud sur ce litige, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, ajoutant avoir abordé le sujet jeudi avec son homologue coréen.

«La partie coréenne s’inquiète de notre intention de porter plainte. Je lui ai dit que c’était inacceptable que notre peuple attende depuis trois ans, et des paroles en l’air ne résoudront pas le problème. Il faut que l’Iran ait un accès rapide à ses fonds», a dit le ministre iranien.

Les pourparlers entre Téhéran et les grandes puissances encore parties à l’accord sont au point mort depuis juin.

Jeudi, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a affirmé que son pays avait été «de très bonne foi pendant de nombreux mois» lors des discussions, auxquelles les États-Unis participent indirectement, renvoyant aux Iraniens la responsabilité d’agir.

«Mais, les Américains ne sont pas disposés à débloquer (les avoirs gelés) afin que nous puissions nous assurer qu’ils ont pris en compte les intérêts du peuple iranien», a rétorqué le chef de la diplomatie iranienne.