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Chine: le fric avant tout

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Photo AFP Xi Jinping, président chinois

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Mais quand donc comprendrons-nous la nature extrême du gouvernement de Xi Jinping ? Les deux Michael n’étaient pas revenus au Canada depuis une semaine que diverses personnes de la communauté d’affaires s’enthousiasmaient à l’idée de renouer des relations commerciales avec la Chine, comme si rien n’était arrivé.

Comme si la Chine de Xi Jinping n’était pas en train de devenir un État totalitaire maoïste.

Comme si le Parti communiste chinois ne contrôlait pas toutes les entreprises chinoises importantes.

  • Écoutez la chronique de Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Comme si les entreprises chinoises ne menaient pas une concurrence déloyale aux entreprises canadiennes, en Chine et ailleurs.

Comme si le gouvernement chinois ne faisait pas d’espionnage industriel.

Comme si le gouvernement de Xi Jinping n’essayait pas de saboter les démocraties à travers le monde.

Comme si les Ouïgours n’étaient pas victimes de génocide.

Comme si les entreprises chinoises avaient cessé de copier, sans compensation, les produits des entreprises étrangères rivales.

Comme si le gouvernement chinois n’exerçait aucun chantage sur les entreprises étrangères pour qu’elles soutiennent les vues de Pékin.

Comme si les professeurs et les chercheurs chinois n’étaient pas obligés de diffuser la propagande chinoise.

Comme si les citoyens chinois avaient le droit de refuser d’espionner pour le gouvernement chinois.

Comme si les enfants en Chine n’étaient pas désormais endoctrinés à la « pensée Xi Jinping ».

Comme si le monstrueux culte de la personnalité de Xi n’était pas en train de s’étendre.

Soif de l’argent

C’est que des gens d’affaires estiment naïvement qu’il reste encore beaucoup d’argent à faire en Chine. Ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de tresser la corde avec laquelle le gouvernement chinois de Xi Jinping va les pendre, et nous tous avec par la même occasion.

Ces gens ne demandent qu’à succomber à la propagande chinoise, pourvu qu’en bout de piste, ils reçoivent quelques dollars de plus.

Certains vont même jusqu’à faire proposer des équivalences fantasmagoriques entre les politiques du gouvernement chinois et celles du gouvernement américain. Pourtant, il est clair que si le Canada avait eu comme voisin la Chine plutôt que les États-Unis, jamais les Canadiens et les Québécois n’auraient été libres comme maintenant, en supposant que la Chine n’ait pas envahi le territoire.

Gagner à long terme

Personne ne nie le fait que la baisse du commerce avec la Chine est néfaste à court terme pour les économies canadienne et québécoise. Personne ne dit non plus qu’il faut arrêter complètement les échanges entre la Chine et le Canada.

Cependant, pour le moment, il faut cesser de promouvoir les échanges avec la Chine, d’autant plus que notre principal partenaire va dans cette direction.

Le contexte actuel est excellent pour trouver des marchés et des produits de substitution, en attendant qu’un jour la Chine revienne à un gouvernement plus normal. À long terme, nous y gagnerons tous.