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Legault et la peur des mots

Legault et la peur des mots
Photo Stevens LeBlanc

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À un an des élections, le gouvernement Legault continue de s’enfermer dans un piège qu’il s’est tendu à lui-même, celui du racisme systémique.

La clé de la cage est entre ses mains, mais plutôt que d’ouvrir la porte, François Legault s’entête à attendre que les barreaux disparaissent comme par magie.

Avoir peur des mots

Pourquoi François Legault refuse-t-il de prononcer les mots « racisme systémique » ? Simplement parce qu’il croit que ses électeurs vont penser qu’il les traite de racistes. 

C’est triste, parce que ça veut dire qu’il pense que ses électeurs ne sont pas assez intelligents pour faire la différence entre une accusation personnelle et un constat sociétal. En bon québécois, M. Legault pense que ses électeurs « vont le prendre personnel. »

Pour un gouvernement qui gère aux sondages, il devrait peut-être prendre acte du récent sondage Léger dont les résultats sont rapportés, bizarrement, surtout dans les médias anglophones. Selon ce sondage, réalisé pour le compte de l’Association d’études canadiennes, 66 % des Québécois reconnaissent l’existence du racisme systémique.

Si 2/3 des sondés sont d’accord, c’est peut-être le signe que la pensée évolue.

Changer de tactique

Quand est-ce que le premier ministre va réaliser que ce qui le blesse, c’est son propre entêtement ? Tant les partis d’opposition que les médias vont continuer à le talonner sur cette question. Pourquoi ? Parce que c’est presque satisfaisant de voir un adversaire souffrir de blessures auto-infligées.

N’y a-t-il pas un stratège compétent pour convaincre le premier ministre que la solution est pourtant toute simple ? Pour guérir un mal, il faut d’abord le nommer.

En admettant qu’il existe du racisme systémique au Québec, le premier ministre donnerait l’exemple à celles et ceux qui refusent encore d’admettre qu’on doit faire mieux.

Du même coup, il retirerait des mains de ses opposants le bâton qui le blesse le plus depuis la dernière année.