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Manque de services en maternelle: Roberge demande aux écoles de recourir au privé si nécessaire

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Photo d'Archives, Agence QMI

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Le ministre Jean-François Roberge demande aux centres de services scolaires de recourir au privé s’ils sont incapables d’offrir les services d’orthophonistes, de psychoéducateurs ou de psychologues aux enfants de la maternelle ayant des vulnérabilités.

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«S’il se voit dans l’impossibilité de fournir les services qu’il juge requis pour un enfant, l’organisme scolaire doit utiliser tous les leviers mis à sa disposition pour assurer cette offre de services, notamment le recours au secteur privé», précise une lettre envoyée lundi soir aux directeurs généraux.

La missive insiste sur l’importance d’agir tôt et d’intervenir rapidement auprès des plus jeunes élèves aux prises avec des retards ou des difficultés d’apprentissage.

Cette intervention auprès du réseau n’est pas étrangère au cas de la petite Anaïs Bouchard Poulin, une enfant de maternelle 4 ans aux prises avec un trouble du langage. N’ayant pas obtenu de services du réseau public, les parents, qui ont témoigné de leur histoire sur le site de dénonciation de la députée solidaire Christine Labrie, ont dû se tourner vers le privé pour aider leur fillette.

<strong>Jean-François Roberge</strong><br><em>Ministre</em>
Photo Pierre-Paul Poulin
Jean-François Roberge
Ministre

«Choqué», Jean-François Roberge a promis que la famille serait remboursée. Il a également ajouté que ceux qui vivront une situation similaire pourront bénéficier du même traitement.

Depuis la semaine dernière, «quelques» cas d’enfants qui n’auraient pas eu les services requis du réseau public ont été portés à l’attention du ministère de l’Éducation, qui travaillera en collaboration avec les centres de services scolaires pour analyser «ces situations exceptionnelles», a précisé le porte-parole du ministre, Jean-François DelTorchio.

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Il ajoute que le recours aux services d’un professionnel au privé n’est pas nouveau. Cette avenue est déjà utilisée dans le réseau, en dernier recours, «lorsqu’il n’y a pas de possibilités pour le réseau de l’Éducation ou de la Santé d’aider un élève référé expressément par l’école».

C’est d’ailleurs la formule qui a été retenue pour le suivi de la petite Anaïs Bouchard Poulin. Puisque l’orthophoniste de l’école qu’elle fréquente est en congé de maternité et n’est pas complètement remplacée, la fillette continuera d’être suivi au privé et les frais seront assumés par l’établissement scolaire.

Exode appréhendé

En remboursant les parents qui n’ont d’autre choix que de se tourner vers le privé pour obtenir des services d’orthophonistes, de psychoéducateurs ou de psychologues pour leur enfant, le ministre Jean-François Roberge encourage les professionnels de l’éducation à quitter le réseau public, estime le président de leur Fédération, Jacques Landry.

«Tout est fait actuellement pour favoriser l’exode (vers le privé)», lâche-t-il en entrevue. Il manque actuellement quelque 500 professionnels à travers le réseau.

Jacques Landry tient à rappeler au ministre que le salaire d’un psychologue ou d’un orthophoniste qui travaille au privé est beaucoup plus attrayant. «C’est comme si on venait dire aux professionnels qui ont quitté le public ou qui font moitié-moitié privé et public, ‘continuez au privé, c’est même le gouvernement qui va vous envoyer de nouveaux clients’. Ça sonne un peu comme ça!», insiste-t-il.

Au cabinet du ministre Roberge, on se dit «conscient» de la pénurie de main d’œuvre. «Mais il est important de mentionner qu’en 10 ans et grâce au réinvestissement, alors que le nombre d’élèves a augmenté de seulement 4,6%, le nombre de professionnels dans le réseau a de son côté augmenté de 37%», précise-t-on.    

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