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Services aux enfants en vulnérabilité: Roberge pousse les employés vers le privé, dit QS

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo Agence QMI, Joël Lemay Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

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Le ministre Jean-François Roberge encourage les orthophonistes, les psychologues et les psychoéducateurs à quitter le réseau public en incitant les écoles à recourir au privé si elles sont incapables d’aider les enfants ayant des vulnérabilités.

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C’est ce que dénonce haut et fort la députée solidaire Christine Labrie, qui réclame un plan pour recruter les professionnels manquants dans les établissements scolaires.  

La députée et porte-parole en matière d'éducation de Québec solidaire, Christine Labrie
Photo d'archives
La députée et porte-parole en matière d'éducation de Québec solidaire, Christine Labrie

«Ce qu'il fait, c'est qu'il est en train de leur dire: "Partez, allez-y, au privé. Moi, je vais vous envoyer des clients!» a-t-elle pesté mardi, en conférence de presse à l’Assemblée nationale.  

Dans une lettre envoyée lundi soir aux directeurs généraux, le ministre de l’Éducation a demandé aux centres de services scolaires d’utiliser tous les leviers disponibles pour fournir les services requis aux enfants présentant des retards ou des troubles d’apprentissage, incluant le recours à un professionnel oeuvrant au privé si nécessaire.

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Il s’agit là de la meilleure manière d’accentuer le problème de pénurie, «en faisant fuir les professionnels», estime la députée Labrie.  

François Legault s’est défendu d’ouvrir la porte au privé en éducation par cette manœuvre.  

«Il manque entre autres d'orthophonistes, ça prend un certain temps avant de former les orthophonistes. Puis il y en a un peu au privé, mais je ne vois pas pourquoi les enfants qui sont au public ne profiteraient pas de ces services-là», a-t-il précisé. Le premier ministre a assuré que cette avenue serait utilisée «en dernier recours».   

Comme ce fut le cas avec les infirmières, son gouvernement analyse les moyens de ramener des professionnels de l’éducation dans le giron public.  

Mesure ponctuelle

La présidente du Conseil du trésor compte d’ailleurs veiller aux grains pour éviter que les écoles ne deviennent dépendantes du privé, comme le sont désormais les agences de placement pour les hôpitaux.  

«C’est une mesure, quant à moi, qui est très ponctuelle, temporaire, et il faut qu’elle reste comme ça», a précisé Sonia LeBel dans une brève mêlée de presse.  

Le ministre Jean-François Roberge soutient que cette procédure «exceptionnelle» de dernier recours, qui existe depuis quelque temps, ne provoquera pas d’exode des professionnels de l’éducation vers le privé. Et il n'est pas question de la renier, au risque de laisser tomber des élèves en difficulté.

Mais pour la solidaire, des jeunes qui ne reçoivent pas l’aide requis, c'est loin d'être «exceptionnel». «Des milliers d'enfants n'ont pas accès à des services dans nos écoles publiques en ce moment», a insisté Christine Labrie.