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Réussir à déjouer le roi des forêts

COURTOISIE
C’est le rêve de tous les chasseurs d’orignaux de po
Photo courtoisie, Sépaq C’est le rêve de tous les chasseurs d’orignaux de pouvoir rencontrer un jour un tel mâle lors de leurs excursions de chasse.

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Depuis quelques semaines, des dizaines de milliers de chasseurs de gros gibiers ont envahi les forêts du Québec. Leur but : déjouer le roi de nos forêts, l’orignal. 

Chaque année, près de 170 000 chasseurs se procurent un permis de chasse à l’orignal. C’est de loin le gibier le plus convoité par plusieurs. Il faut dire que sa grosseur, son allure et sa majesté lorsqu’il se déplace en font véritablement un gibier très impressionnant, qui inspire le respect. Plusieurs amateurs rêvent durant toute l’année à leur excursion de chasse qui leur fera vivre l’aventure ultime et qui sait, la rencontre tant attendue.

Cet automne, nous vivons une saison de chasse permissive, ce qui signifie que l’abattage des femelles est permis. Actuellement, il est impossible de savoir combien de permis ont été vendus. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) ne publie aucune statistique, que ce soit pour les permis vendus ou les enregistrements, avant la fin de la saison. Toutefois, si on se fie aux résultats des années antérieures où la femelle était permise, il va y avoir une augmentation des ventes de 10 % à 20 %.

Une belle façon d’illustrer la différence entre les saisons permissives et non permissives, c’est de consulter les résultats des enregistrements.

L’an dernier, incluant les réserves fauniques, les chasseurs ont récolté 20 031 orignaux, dont 2747 femelles adultes. La récolte limitée des femelles est permise sur certains territoires, afin d’équilibrer la population.

Il y a deux ans, alors que nous vivions une saison permissive, au total, incluant les réserves, 26 262 orignaux ont été enregistrés dont 10 403 femelles adultes. La différence est quand même importante.

Lorsque la saison de chasse permet de récolter les femelles, tout le marché tourne à plein régime, y compris dans les magasins spécialisés. Un représentant du département de la chasse au magasin Latulippe, m’expliquait que tout augmente, comme la vente des vêtements, des bottes, des munitions, des sacs à dos et tous les équipements dont un chasseur d’orignal peut avoir besoin.

LES RÉSERVES FAUNIQUES

Chaque année, la Sépaq procède au tirage au sort pour les places de chasse à l’orignal dans chacune des réserves fauniques du réseau. Les chasseurs chanceux qui sont choisis peuvent ainsi avoir accès à des territoires exceptionnels.

Cette saison, les résultats ont été moins bons pour les premières périodes dans plusieurs réserves, principalement en raison de la température trop clémente et de la pleine lune. Cette dernière, lorsqu’elle brille de tous ses feux, permet aux orignaux de circuler et de se nourrir la nuit. Ils sont moins actifs en journée.

Le secret du succès de la chasse à l’orignal, même si vous avez le meilleur territoire, c’est lorsque les animaux sont en mouvement. Ils ont beau être très gros, s’ils ne bougent pas, on croirait chasser dans le désert.

« Nous nous alignons vers des résultats semblables aux années antérieures, d’expliquer le directeur de la réserve de Mastigouche, Éric Harnois. J’ai bon espoir que les dernières périodes vont ramener les choses à la normale et que les chasseurs vont connaître du succès. »

Même son de cloche du côté de la réserve du Saint-Maurice.

« Les chasseurs qui sortent de la forêt sont d’abord heureux d’avoir pu vivre leur excursion, avec toutes les mesures que la pandémie imposait, d’expliquer le directeur Francis Desjardins. Nous avons vu de très belles bêtes récoltées et plusieurs chasseurs nous ont dit avoir eu pas mal d’action sur leur zone. La période du rut a dû activer les choses. »

Pour la réserve des Laurentides, un départ lent fait en sorte que ce ne sera pas une saison avec de bons résultats de chasse. Même dans le secteur des Portes de l’Enfer, qui affiche des résultats à 100 % chaque saison, le succès n’était pas au rendez-vous. Encore là, on espère que la période du rut aura aidé les derniers groupes de chasseurs à connaître du succès.

Pour les réserves de l’est du Québec, compte tenu de la densité imposante de la population d’orignaux, le succès est au rendez-vous chaque saison.

Partout au Québec, les importants changements de température qui sont annoncés pour les prochains jours vont aider la cause des chasseurs. 

Des nuits fraîches, des matins froids avec le soleil qui réchauffe l’atmosphère durant la journée, vont faire en sorte que les orignaux vont bouger plus.

En bref

La FEDECP contente

Les dirigeants de la Fédération québécoise des chasseurs et des pêcheurs se sont dits ravis de l’initiative de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, concernant le dossier des armes à feu. Pour eux, le fait que l’opération Centaure vise à endiguer la violence en ciblant le trafic d’armes, le crime organisé et les personnes à risque rejoint les attentes de l’organisme. Ils se disent aussi heureux que les chasseurs et autres propriétaires d’armes légales ne soient pas ciblés par ces nouvelles mesures.

Les plans de gestion

Certains groupements mettent en doute les plans de gestion actuellement en vigueur, qui touchent presque toutes les espèces considérées comme des gibiers au Québec. La FEDECP rappelle que ces derniers ont permis d’aider grandement à la conservation et à l’évolution des espèces. Il ne faut donc pas chercher à nuire au travail des spécialistes du MFFP qui gèrent ces plans. Ils contiennent tous une boîte à outils permettant de s’ajuster au besoin s’il faut apporter des corrections. Nous avons présentement les plus hauts taux de populations de toutes les espèces de gibiers au Québec. Les plans de gestion y sont pour quelque chose.