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Bonne décision de Courteau

Levée de bannières
Photo Martin Chevalier Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau gère bien le dossier impliquant deux joueurs de son circuit dans une affaire sexuelle avec une mineure.

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Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, vient de traverser 24 heures stressantes et épuisantes. 

La pression était suffocante, mais sa décision de suspendre les activités hockey des deux joueurs accusés d’agression sexuelle sans les envoyer sur l’échafaud est raisonnable.

Quand je lui ai parlé hier après-midi, Courteau avait la voix fatiguée. Mais il venait de passer à travers une ultime vérification avec les avocats de la ligue et il était prêt à rendre publique sa décision.

C’était une situation complexe. Certaines personnes auraient souhaité qu’on castre Nicolas Daigle et Massimo Siciliano et n’auraient été satisfaites que si on avait fait rôtir les quatre couilles sur une plaque teriyaki. 

Gilles Courteau a décidé de suspendre le droit de jouer au hockey des deux accusés. Mais la ligue va continuer à les encadrer dans l’attente de leur procès en gardant leur pension et en les aidant à poursuivre leurs études à distance s’ils décident de ne pas fréquenter un cégep.

REMPLIR LA MISSION

Gilles Courteau a pris le temps de m’expliquer sa démarche : « Il ne faut pas oublier que ces deux jeunes ne sont pas des employés de la ligue. Ils font partie des 400 jeunes à qui on permet de jouer au hockey, que nous essayons d’aider à poursuivre leurs études et à qui nous tâchons d’enseigner à devenir de bons citoyens pour le reste de leur vie. On suspend leur droit de jouer au hockey, mais on va continuer à s’occuper d’eux. On ne sait pas ce que le tribunal va décider, mais on ne laisse pas tomber des jeunes, même s’ils ont commis des erreurs », de dire Courteau.

Le commissaire était visiblement ému quand il a parlé de l’immense compassion qu’il éprouve pour la victime : « Ce qu’on peut faire, c’est de lancer un message très fort que dans la société moderne de 2021, il y a des comportements qui sont inacceptables. Et tous nos joueurs doivent réaliser que le respect de l’autre est non négociable. Et que si on transgresse la règle, les conséquences sont importantes », a-t-il dit.

PROTÉGER L’AUTRE

On peut comprendre la prudence de Gilles Courteau. Une suspension qui peut durer un an peut signifier la fin de tout espoir de carrière dans le hockey. Sur le plan criminel, les deux jeunes sont considérés comme innocents jusqu’au verdict du juge. Sur le plan social, la jurisprudence incitait fortement la ligue à imposer une sanction. De plus, il fallait protéger les autres joueurs, les propriétaires, les jeunes partisans et servir un avertissement majeur. Respecter les filles et les femmes (ou toute personne, ce qui serait encore mieux), sinon toute tricherie majeure aura des conséquences. 

Dans une sentence, le juge tient toujours compte de l’effet de dissuasion de la punition. La ligue devait le faire également.

J’espère surtout que la jeune femme impliquée dans cette histoire aux aspects sordides a reçu et reçoit toujours l’appui et l’amour qui l’aideront à vivre les prochains mois.

Elle n’a pas son visage dans les journaux, mais c’est quand même elle qui a subi ce que les procureurs qualifient d’agression...