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Santé mentale: l’image du héros sportif est en train de changer

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Photo AFP Tout comme à la classique de Roland-Garros, Naomi Osaka a été pourchassée par ses démons aux Jeux olympiques de Tokyo.

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L’image du héros sportif «sans faiblesse et capable de performer sous la pression» change tranquillement, grâce notamment aux nombreux athlètes qui ont fait la lumière sur leurs enjeux de santé mentale, croient différents psychologues sportifs. 

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Dans les derniers mois, la joueuse de tennis Naomi Osaka, la gymnaste Simone Biles et l’attaquant du Canadien Jonathan Drouin ont notamment révélé leurs problèmes d’anxiété ou de dépression. 

Le nom de Carey Price s’est ajouté à cette liste jeudi, quand l’Association des joueurs de la LNH et le Canadien ont annoncé que le gardien de but de 34 ans avait intégré le programme d’aide destiné aux hockeyeurs du circuit Bettman.

Dans une publication sur Instagram, son épouse Angela Price a évoqué «l’importance de prendre soin de sa santé mentale».  

25 % à 35 % des athlètes

La psychologue et consultante en performance mentale Amélie Soulard souligne que la prévalence des problèmes de santé mentale – anxiété, dépression ou troubles alimentaires, notamment – est plus élevée chez les athlètes de haut niveau que dans la population en général. 

«Chez les athlètes de haut niveau, elle tourne autour de 25 à 35 % tandis que chez la population en général, la prévalence est d’environ de 20 %», explique la Dre Soulard. 

«Les athlètes – malheureusement ou heureusement – ont longtemps été considérés comme des êtres extraordinaires, ajoute-t-elle. On se rend compte maintenant que ce sont des gens ordinaires qui vivent des choses extraordinaires.»

Tant la Dre Soulard que le psychologue sportif Bruno Ouellette voient dans ces sorties publiques de nouveaux modèles d’athlètes. «Beaucoup plus humains», relève Amélie Soulard. 

«Dans l’imaginaire québécois – et ça part du film Les Boys, avec la “dureté du mental” – on parle du gagnant, on parle d’une personne qui s’apparente un peu au guerrier, qui est fort», pointe le Dr Ouellette, membre de l’Ordre des psychologues du Québec. 

Il cite à titre d’exemple Maurice Richard ou Guy Lafleur. 

Mais les temps changent, croit-il. «On en parle plus, parce que les services sont moins tabous, sont plus utilisés.» 

Très positif 

Geneviève Landry, directrice générale de l’organisme Entraide pour hommes, voit en Carey Price et Jonathan Drouin des «modèles masculins très positifs». 

«Ces hommes qui semblent solides comme un roc, très forts, et qui prennent du temps pour aller s’occuper d’eux, auront un impact chez les hommes qui ont besoin d’aide», estime-t-elle.

Car Mme Landry déplore qu’encore peu d’hommes aillent chercher de l’aide psychologique quand ils en ont besoin, alors qu’ils hésitent rarement à aller consulter un médecin pour un problème d’ordre physique. 

«Un sondage paru en 2018 révélait que 22 % de la population masculine au Québec démontrait des indices de détresse élevés, mais que seulement 29 % [de ce 22 %] avaient consulté une ressource d’aide», mentionne-t-elle. 


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