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Environ 1500 circuits d’autobus scolaires annulés depuis le début de l’année scolaire

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Chaque jour, au Québec, près de 500 000 enfants du primaire et du secondaire voyagent par autobus scolaire, mais le manque criant de chauffeurs met en péril plusieurs centaines de circuits.

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Martin Bureau, directeur général adjoint à la Fédération des transporteurs par autobus, estime qu’il manque 1200 chauffeurs dans toute la province.

«À ce jour, on dénombre environ 1500 circuits qui n’ont pas pu être effectués depuis la rentrée scolaire», a expliqué jeudi M. Bureau, en entrevue à l’émission Le Québec matin, à LCN.

«C’est certain qu’il y a des régions qui sont plus névralgiques: on parle de Montréal, la Montérégie, Laval, Laurentides, Lanaudière... Ce sont des régions plus problématiques», a affirmé M. Bureau, qui croit que le problème est une conséquence directe du manque de main-d’œuvre.

Lorsque les circuits sont annulés, les parents l’apprennent souvent à la dernière minute, soit très tôt le matin.

«Sachez que les transporteurs font tout en leur pouvoir pour pallier ce manque de personnel. Je vous dirais que bon nombre d’entreprises, leur personnel de bureau, leurs mécaniciens, ont tous leur permis pour conduire des autobus pour pallier le manque au pied levé», a dit M. Bureau.

Selon lui, l’âge moyen des chauffeurs est de 55 ans, et il peut être difficile d’attirer des employés plus jeunes dans le milieu. Si les salaires étaient plus attrayants, croit-il, de nouvelles personnes seraient attirées par la profession.

Transport scolaire: des bris de service appréhendés en Montérégie

Mathieu Ste-Marie

À peine un mois après la rentrée scolaire, la pénurie de chauffeurs d’autobus met en péril le transport des élèves vers les écoles primaires et secondaires de la Montérégie, s’inquiètent des entreprises de transport.

«Voilà maintenant 37 années que je dirige notre entreprise de transport scolaire et pour la première fois une rupture de service nous guette», a écrit sur Facebook le président d’Autobus Boucherville, Jean-Guy Provost, vers la mi-septembre Sa publication, un appel à «ce réseau social pour dénicher le camionneur retraité ou encore la mère au foyer qui veut retourner sur le marché du travail», a été partagée plus de 600 fois.

Comme plusieurs entreprises, ce transporteur scolaire qui dessert une quarantaine d’écoles à Boucherville, Varennes, Sainte-Julie et Saint-Amable est durement affecté par la pénurie de main-d’œuvre. Jean-Guy Provost doit souvent faire appel à des chauffeurs remplaçants puisqu’il lui manque au moins trois conducteurs permanents.

«Même moi, à l’occasion, je dois prendre le volant lorsqu’il manque quelqu’un à la dernière minute. Tout le monde dans le bureau a son permis de classe 2 pour dépanner. Nous sommes dans une situation critique et on ne veut pas de bris de service, mais peut-être que ça va arriver un jour», déplore-t-il.

Même son de cloche du côté d’Isabelle Robert, présidente d’Autobus Chambly.

«Cette situation pourrait arriver. Souvent le matin, on se demande si ça ne va pas nous péter dans la face», illustre celle qui possède une flotte de 40 autobus desservant environ 25 écoles.

Selon elle, le pire reste à venir puisque plusieurs de ses chauffeurs comptent partir à la retraite en décembre prochain. De plus, le taux d’absentéisme est plus élevé l’hiver, ce qui risque de lui causer bien des maux de tête, de même qu’aux autres transporteurs scolaires.

Pas les seuls

Autobus Boucherville et Autobus Chambly sont loin d’être les seuls à être dans cette situation précaire.

«Certains de nos transporteurs nous ont fait part de leur inquiétude puisqu’ils ont de moins en moins de personnes disponibles sur leurs listes de remplacements de conducteurs», nous a indiqué par courriel la directrice adjointe et secrétaire générale adjointe au Centre de services scolaire des Patriotes CSSP), Lyne Arcand. Celle-ci ajoute toutefois qu’il n’y a pas eu de rupture de service sur le territoire du CSSP.

Recrutement difficile

Aux listes de remplacements qui raccourcissent s’ajoute le difficile recrutement des chauffeurs. Selon Jean-Guy Provost, d’Autobus Boucherville, la formation de deux mois pour obtenir le permis de classe 2, nécessaire pour conduire un autobus scolaire, décourage plusieurs personnes.

«La plupart des gens qui pensent devenir chauffeur sont des semi-retraités et lorsqu’ils prennent connaissance de la formation aiment mieux aller travailler à la quincaillerie», croit-il. De plus, les horaires coupés [un quart de travail le matin et un autre l’après-midi] rebutent certains candidats à la profession.

«S’il manque un éboueur un matin, les vidanges vont rester sur le bord du chemin et ils vont être ramassés trois heures après. Personne ne va s’en plaindre. Toutefois, on ne peut pas faire la même chose avec un enfant et le laisser sur le bord du chemin pendant des heures», a-t-il souligné.

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