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Il faut s’attaquer à l’insécurité alimentaire

Il faut s’attaquer à l’insécurité alimentaire
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Pour chaque Provigo, Metro, IGA ou Super C dans votre quartier, il y a quatre églises, temples, mosquées, centres pour personnes âgées, écoles ou programmes sociaux qui fournissent de la nourriture à des personnes qui n’ont peut-être pas les moyens de se la procurer.

De plus, les 33 milliards $ en nourriture que ces organismes ont distribués l’an dernier en feraient la deuxième plus grande chaîne d’épicerie au Canada, ayant servi environ 6,7 millions de Canadiens. Cela représente 18 % de notre population, soit à peu près l’équivalent de la population du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta réunis.

Au Québec, on compte plus de 12 000 organismes de bienfaisance alimentaires, qui ont servi environ 2 millions de personnes depuis le début de la COVID-19, soit une augmentation de 89 %.

La dernière étude de Deuxième Récolte, intitulée Canada’s Invisible Food Network, révèle l’existence d’une organisation fragmentée de plus de 60 000 groupes caritatifs fournissant de la nourriture aux personnes en besoin, mais la plupart des gens n’ont aucune idée de l’ampleur du problème auquel nous nous heurtons dans notre système alimentaire. 

L’accès difficile à la nourriture

Nous avons besoin de solutions, et vite. Nous devons démystifier, déstigmatiser et perturber le secteur de l’alimentation caritative au Canada afin qu’il puisse mieux atteindre son objectif de fournir des aliments frais et sains (qui seraient autrement gaspillés) aux personnes qui en ont besoin. Car, comme on l’a vu avec la COVID-19, des millions de Canadiens sont à un chèque de paie près de l’insécurité alimentaire.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Marie-José Mastromonaco, Directrice des Opérations chez Deuxième Récolte sur QUB radio :

Le terme « insécurité alimentaire » désigne le manque d’accès régulier à une quantité suffisante d’aliments sains et nutritifs pour répondre aux besoins alimentaires d’une personne. Elle est associée à une mauvaise qualité de l’alimentation et à une faim élémentaire qui entraîne des problèmes de santé physique et mentale, ainsi qu’une baisse des résultats scolaires. 

En 2019, Statistique Canada a constaté qu’environ 1,2 million de ménages au Canada étaient en situation d’insé-curité alimentaire. Les données de mai 2020 montrent que ce nombre a augmenté de façon spectaculaire pendant la pandémie et qu’une famille canadienne sur sept avait du mal à mettre de la nourriture sur la table.

Un plan

Canada’s Invisible Food Network (téléchargeable sur le site SecondHarvest.ca/Research) quantifie l’ampleur du problème. Il met en lumière le travail accompli et les lacunes du système qui doivent être comblées. Maintenant que nous avons cartographié ce réseau, il nous faut un plan pour lutter contre les inégalités qui l’obligent à exister.

Ce plan devrait inclure la mise en œuvre de politiques à tous les niveaux de gouvernement pour soutenir le travail effectué. Nous avons besoin d’investissements dans l’infrastructure de distribution. Un bon départ a été pris avec les réseaux logistiques qui ont vu le jour pendant la pandémie. Ces réseaux doivent être solidifiés et rendus permanents par des allocations de dépenses afin que nous puissions livrer davantage de marchandises aux communautés éloignées, rurales et nordiques.

Il est temps de prendre des mesures politiques audacieuses pour résoudre ce problème. Le système doit changer – rapidement – pour que nous puissions réduire l’insécurité alimentaire et diminuer le gaspillage alimentaire en même temps. Cela signifie une économie alimentaire circulaire au lieu de l’économie linéaire que nous avons, qui s’est avérée un échec à de nombreux niveaux. La santé de tous les Canadiens et l’avenir de notre planète dépendent des mesures que nous prenons maintenant.

Lori Nikkel
PDG de Deuxième Récolte, le plus grand organisme de récupération alimentaire du Canada

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