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«Justice pour Alyssa Goudreau»: une mère en quête de réponses

«Justice pour Alyssa Goudreau»: une mère en quête de réponses
Photo Courtoisie

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Le 4 septembre 2020, Alyssa Goudreau, 21 ans, était retrouvée en arrêt cardiaque par les policiers dans un appartement de Saint-Jérôme, à la suite d’une surdose. Les séquelles ont été importantes: la jeune femme est demeurée dans un état végétatif. En janvier 2021, sa mère, Annik Goudreau, consentait à abréger les souffrances d'Alyssa. Celle-ci est décédée le 9 janvier 2021.

L’histoire a bouleversé le journaliste Jean Balthazard et la réalisatrice Laurence Mathieu-Léger, du Bureau d’enquête de Québecor et du 24 heures, qui ont d’abord voulu en savoir plus sur la «drogue-bonbon», substance aussi colorée que nocive qu’Alyssa aurait consommée avant le drame, en plus de Xanax et de «speed».

«Deux jeunes en étaient morts, ça avait fait les manchettes, et on pensait qu’il y avait peut-être une nouvelle tendance là», a indiqué Jean Balthazard.

Or, en parlant avec Annik Goudreau, le duo s’est surtout graduellement intéressé à l’histoire même d’Alyssa et aux conséquences subies par les parents dont les enfants trépassent d’une surdose. 

  • Écoutez l’entrevue de Jean Balthazard, journaliste derrière le documentaire Justice pour Alyssa Goudreau  

Ils ont transposé leurs réflexions et le compte rendu de leur rencontre avec la mère éplorée dans le documentaire Justice pour Alyssa Goudreau, maintenant présenté sur la plateforme Vrai.

«Qu’est-ce qui se passe quand un enfant fait une overdose? a hasardé Laurence Mathieu-Léger, elle-même maman de trois enfants. Quelles sont les procédures au niveau de la santé, de la Santé publique, de la Sécurité publique? Comment les parents peuvent-ils trouver des réponses? Dans le cas d’Alyssa, le drame aurait pu être évité. On se demande s’il y a des failles dans le système, et comment protéger les parents pour s’assurer qu’il y ait une forme de justice.»

Annick Goudreau, la mère d'Alyssa Goudreau
Photo Courtoisie
Annick Goudreau, la mère d'Alyssa Goudreau

Sans pudeur

La police et le coroner n’ayant pas conclu leurs enquêtes sur l’affaire Alyssa Goudreau, bien des questions demeurent sans réponse, ce qui complique le deuil d’Annik Goudreau.

Car, des interrogations vaines, la maman en entretient, elle aussi, beaucoup. Quelqu’un aurait-il pu sauver sa fille lors de ce soir fatidique? Y a-t-il eu négligence? Alyssa a-t-elle été violée?

Alyssa a peut-être vécu les pires horreurs, et ce, à trois maisons de sa résidence familiale.

Généreuse, Mme Goudreau a donné au journaliste et à la réalisatrice accès à sa maison, aux photos de toutes les époques d’Alyssa et à ses confidences, sans pudeur.

«On dirait que c’est moi qui fais l’enquête à la place des policiers», a confié la dame, en larmes, à la caméra de Justice pour Alyssa Goudreau.

«Annik se sentait vraiment sans ressources. En parlant tout de suite, on s’est dit que ça pourrait faire bouger les choses», a souligné Laurence Mathieu-Léger, en précisant que les instances policières avaient refusé de donner des entrevues pour le documentaire.

«Justice pour Alyssa Goudreau»: une mère en quête de réponses
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Stigmatisation

En plus de se pencher sur le cas précis d’Alyssa, le documentaire donne la parole, entre autres, à Isabelle Fortier, impliquée dans le mouvement MomStopTheHarm, qui soutient les pères et les mères ayant perdu fils ou fille(s), et qu’Annik Goudreau a justement rencontrée au sein de cette organisation. Sara-Jane, la fille d’Isabelle Fortier, est elle aussi décédée d’un abus de drogues.

Les deux femmes posent le cruel constat que des parents endeuillés à la suite d’une surdose ne reçoivent pas nécessairement la même empathie que ceux dont la famille a été ébranlée par la maladie, par exemple.

«On voudrait éliminer cette stigmatisation, auprès des proches, des familles, des policiers, des médecins, avance Jean Balthazard. Qu’il y ait une ouverture pour ne pas stigmatiser ces personnes encore plus, parce que c’est une quête éternelle. Il y aura toujours des questions sans réponse. Mais, si on ne juge pas, on fait déjà un pas vers l’avant.»

«On n’élucide pas un mystère, dans le documentaire, car personne n’était là quand Alyssa est morte. Mais je pense qu’on pose des questions importantes. On souhaite que les gens qui le regardent se sentent connectés à Annik et qu’ils comprennent qu’une histoire comme ça peut arriver à n’importe qui», complète Laurence Mathieu-Léger.

Le documentaire Justice pour Alyssa Goudreau peut maintenant être visionné sur la plateforme Vrai.

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