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Réouverture des salles à pleine capacité: le retour du masque déçoit

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Photo d’archives, AFP Les spectateurs, masqués et vaccinés, peuvent remplir les salles québécoises à pleine capacité. En mars, lors d’un concert-test réalisé à Barcelone avec des participants masqués et munis d’un test COVID négatif, six spectateurs sur 4592 ont été infectés.

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Ça devait marquer la relance de l’industrie cet automne. Mais le retour des salles à pleine capacité, dès vendredi soir, engendre plutôt déception et confusion dans le milieu, a remarqué Le Journal. Alors que le Centre Bell pourra recommencer à accueillir des milliers de spectateurs, d’autres salles de plus petite taille déplorent le retour obligatoire du port du masque.  

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Dès ce soir, les salles avec des places fixes prédéterminées pourront rouvrir à pleine capacité, peu importe leur taille. Les spectateurs devront toutefois présenter leur passeport vaccinal et porter le masque tout le long du spectacle.

«C’est un retour en arrière! lance le propriétaire de l’Olympia de Montréal, Patrick Lévy. Avant, il y avait de la distanciation et les gens pouvaient retirer leur masque en s’assoyant. Maintenant, il faut le garder? Il y a une confusion totale. On veut rester avec l’ancienne mesure! On était très bien, on s’en sortait.»

La déception par rapport au retour des masques semble être généralisée dans tout le Québec, remarque Julie-Anne Richard, de l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles (anciennement RIDEAU).

  • Écoutez l’entrevue de Julie-Anne Richard, directrice générale de l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles

«Nos diffuseurs sont vraiment déçus. C’est comme un recul, dit-elle. La clientèle aussi est déçue et le manifeste malheureusement par des annulations de billets. Plusieurs de nos membres nous ont dit que des gens appelaient pour demander s’ils pouvaient annuler parce que ce n’était pas comme ça quand ils ont acheté. Je ne peux pas donner un pourcentage, mais c’est assez fréquent chez nos diffuseurs. »

«Je m’étais habituée à jouer dans des salles moins pleines et sans masque, mentionne quant à elle l’humoriste Mariana Mazza. J’aime voir la face du monde. Je vais devoir me réhabituer. J'espère que les gens vont être au rendez-vous. J'espère que le monde ne va pas prendre ça comme une espèce de désaveu. »

Des demandes du milieu

Du côté du gouvernement, l’attaché de presse du cabinet de la ministre de la Culture et des Communications, Louis-Julien Dufresne, assure que les décisions ont été prises en tenant compte des demandes du milieu. 

«Ce qu’on nous a demandé, c’est de ravoir des salles à pleine capacité, quitte à ce qu’on réimpose le masque, mentionne M. Dufresne. [...] Le virus n’est pas disparu. Et sans la vaccination des enfants, il va falloir qu’on continue à faire des compromis. 

L'attaché de presse a indiqué que l’aide à la billetterie va se poursuivre jusqu’à la mi-novembre. « Et d’autres mesures de soutien viendront par la suite. »

Même si les salles peuvent maintenant rouvrir à pleine capacité, peu d’entre elles le seront réellement au cours des prochaines semaines. «On avait déjà vendu nos billets en laissant un siège de libre [entre les foyers], dit Patrick Lévy. Vendre des sièges seuls, ça ne marche pas. Et on ne va pas refaire encore de la relocalisation.»

Au Capitole de Québec, les spectacles de Bruno Pelletier, samedi et dimanche, seront parmi les rares à être présentés dans une salle presque remplie puisqu’ils avaient été mis en vente sans tenir compte des mesures de distanciation. 

Au Palais Montcalm, les billets qui n’étaient pas disponibles pour le spectacle de Marie-Denise Pelletier, samedi, sont maintenant en vente. La jauge sera complète.

Des milliers au Centre Bell

Les nouvelles mesures permettent aussi au promoteur evenko de recommencer les spectacles au Centre Bell. Demain soir, avec le passage d’Enrique Iglesias et Ricky Martin, il s’agira du premier concert dans l’amphithéâtre depuis celui de The Lumineers, le 6 mars 2020.

« Ça fait 19 mois qu'on n'a pas eu de spectacle, dit le programmateur Nick Farkas. Tout le monde est super excité. Depuis l'annonce [du gouvernement], tous les spectacles annoncés au Centre Bell se vendent bien. Je pense que le monde a hâte. »

«On s’attend à ce que ce soit pas mal complet [demain soir], entre 13 000 et 14 000 spectateurs. [Ces nouvelles mesures], c’est la première étape vers la réouverture de l’industrie du live au Québec. C’est la première fois qu’on voit vraiment une fin à ce qu’on a vécu depuis le début de la COVID.»

Le programmateur se fie à la bonne volonté des spectateurs, et à la présence de ses équipes de sécurité, pour que le port du masque soit bien appliqué dans l'amphithéâtre. 

« Quand tu prends le métro, tu portes ton masque. Mon fils le porte à l'école depuis presque deux ans toute la journée. Si c'est ce que ça prend en ce moment pour voir un show, j'imagine que les gens vont comprendre, même si ce n'est pas l'idéal. Pour moi, ça reste un petit problème comparé au fait de ne pas avoir de show du tout. »

– Avec la collaboration de Cédric Bélanger

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