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Plus de 500 élèves montréalais à relocaliser

Des parents songent à changer d’école

École parents  mécontent
Photo Pierre-Paul Poulin Une dizaine de parents de l’école primaire Laurier qui font partie de ceux qui souhaitent que le Centre de services scolaire de Montréal revoie son plan de relocalisation.

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Des parents de Montréal sont si choqués par le projet de déplacer les 500 élèves de leur école dans un autre quartier qu’ils songent à changer d’école, à aller au privé ou même à déménager.

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«Je capote!» s’exclame Emmanuelle Hélias, mère d’une fillette qui commencera la maternelle en 2023. «On a une école de quartier qui ne sera pas du tout dans le quartier.»

L’école primaire Laurier, sur le Plateau-Mont-Royal, entrera dans une phase de travaux de rénovation à la rentrée prochaine. L’enveloppe du bâtiment sera notamment refaite, l’aération améliorée, le plafond du gymnase remplacé, énumère par courriel Alain Perron, du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM).

Ces travaux entraîneront le déplacement des 513 élèves dans un bâtiment de Villeray, à 4 kilomètres de là, pour une ou deux année(s), ce qui les forcera à prendre l’autobus scolaire matin et soir.

Chaise musicale

Au moment de publier, un groupe Facebook créé en réaction à l’annonce comptait déjà 160 personnes. Les parents interrogés ne s’opposent pas à l’idée d’effectuer les travaux, mais plutôt à la solution retenue.

Ils dénoncent le «jeu de chaise musicale» et «l’improvisation», notamment parce qu’un bâtiment situé à quelques jets de pierre de Laurier devrait éventuellement accueillir les élèves déplacés de l’école FACE... qui est basée au centre-ville.

«Je veux passer du temps avec ma fille, et non pas qu’elle perde [des heures] dans le trafic», affirme Rosalba Basile. Elle ne croit pas que les travaux dureront seulement deux ans ou que le trajet en autobus ne prendra que 15 minutes, étant donné les bouchons de circulation et la logistique nécessaire.

Pas de voiture

«Si on nous enlève [la proximité], est-ce que ça vaut la peine d’habiter sur le Plateau?»

Plusieurs parents n’ont pas de voiture. C’est le cas de Mélissa Mansi, mère monoparentale. Si sa fille est malade, elle devra aller la chercher en taxi ou en transport en commun, illustre-t-elle.

Certains jeunes avaient l’habitude de dîner à la maison, ce qui ne sera plus possible. Le service de garde sera-t-il gratuit sur l’heure du midi? Et où sera-t-il situé, ce service de garde? Les parents disent n’avoir eu que des réponses contradictoires.

La situation sera encore plus complexe pour les enfants en garde partagée. Alberto Fernandez habite à Boucherville. Il met déjà de 30 à 50 minutes, le matin, pour aller porter sa fille à l’école. «Ça voudrait dire encore plus de temps dans le transport pour ma fille», déplore-t-il.  

Déménager

Tous les parents interrogés ont dit considérer l’option d’inscrire leur enfant dans une école primaire privée ou en «libre choix» dans les autres établissements du quartier, une démarche toutefois incertaine en ces temps où ils sont surpeuplés.

Quant à Mélissa Mansi, elle songe carrément à déménager. «Je vais aller vivre à Brossard. Mon [loyer] là-bas va me coûter [seulement] 600$,», ironise-t-elle. 

Ce n’est pas la première fois que le déplacement d’élèves du CSSDM entraîne la frustration des parents. L’automne dernier, des centaines de jeunes de l’école secondaire Sophie-Barat avaient dû être déplacés parce qu’un bâtiment risquait de s’effondrer, à quelques semaines de la rentrée.  

Le CSSDM a refusé notre demande d’entrevue, mais a indiqué par courriel que des «informations supplémentaires» seraient fournies aux parents de l’école Laurier.

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