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Plus de maternelles 4 ans que prévu

Les directions d’école demandent de ralentir le rythme en raison de la pénurie d’enseignants et de professionnels

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Photo d’archives, Martin Alarie Le nombre de classes de maternelle 4 ans augmente plus vite que les cibles gouvernementales, et ce, malgré le manque d’enseignants et de professionnels dans le réseau de l’éducation.

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Malgré la pénurie d’enseignants et de professionnels accentuée par la pandémie, il y a plus de classes de maternelle 4 ans que prévu qui ont été créées cette année. Les directions d’école réclament un coup de frein.

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En début d’année, le ministre Jean-François Roberge a reporté de deux ans son engagement d’offrir la prématernelle à tous les petits Québécois.

Le gouvernement visait ainsi l’implantation de 315 classes supplémentaires de prématernelle pour la rentrée de septembre.

« La cible gouvernementale est dépassée puisque c’est un ajout de 350 par rapport à l’an passé », signale le ministère de l’Éducation, ce qui porte à 1345 les classes de maternelle 4 ans à travers le Québec.

Le relationniste précise que « l’ouverture des classes est effectuée en fonction des ressources actuelles du réseau scolaire, notamment en raison de la disponibilité des locaux et de la main-d’œuvre ».

Mettre la pédale douce

Mais le son de cloche est différent sur le terrain. Si les directeurs d’école sont en faveur du développement des classes de maternelle 4 ans, ils demandent au gouvernement Legault de mettre la pédale douce sur leur implantation en raison de la pénurie de profs et de professionnels de l’éducation.

Selon le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, Nicolas Prévost, le réseau scolaire n’a pas les moyens de conserver cette cadence.

« On sait tout ce que ça peut donner comme bienfaits, mais nous, on veut qu’il baisse un peu le rythme de l’implantation des maternelles 4 ans justement parce qu’on [...] a trop de pression au niveau de la pénurie de personnel », insiste-t-il.

« On ouvre des services [pour les élèves], mais on coupe du service ailleurs parce qu’on n’a pas le personnel pour le donner. On n’avance pas, on déshabille Paul pour habiller Jean ! », renchérit-il.

Génération COVID

Les bambins qui arrivent sur les bancs d’école à 4 ans ont également plus de vulnérabilité que les plus vieux en raison de la pandémie, constatent les directeurs d’école. Plus de services d’orthophonistes sont donc requis.

« Il y a beaucoup plus de troubles de langage. On en avait déjà beaucoup, mais avec la pandémie, ça a augmenté beaucoup, alors ça va demander encore plus de temps de professionnels, plus de soutien », fait valoir M. Prévost.

Manque de personnel « criant »

La députée péquiste Véronique Hivon estime que le gouvernement caquiste doit cesser de foncer tête baissée « dans son obsession des maternelles 4 ans ». Le manque de personnel est trop criant.

« Dans chaque classe de maternelle 4 ans, il doit y avoir une éducatrice alors qu’on vit une pénurie sans précédent d’éducatrices dans nos CPE », rappelle la députée de Joliette. 

Maternelles 4 ans

  • 315: Cible gouvernementale pour de nouvelles classes en 2021-2022 
  • 350: Nouvelles classes autorisées pour 2021-2022 
  • 1345: Total des classes de maternelle 4 ans   

Source : données provisoires du ministère de l’Éducation

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