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Députés non vaccinés: inacceptable!

Retrait du crucifix
Photo d'archives

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En décembre dernier, une quinzaine d’élus s’étaient octroyé le droit de voyager alors que le peuple était strictement confiné. J’écrivais alors que d’« accorder le moindre privilège à un politicien, c’est paver la voie à l’émergence d’une nomenklatura d’inspiration soviétique ». On dirait bien que cette nomenklatura s’officialise !

Privilège

Le Bureau de l’Assemblée nationale (BAN) a voté un règlement pour imposer le passeport vaccinal à tous les employés et visiteurs de l’Assemblée nationale. À tous... sauf aux 125 députés ! Dans leur cas, aucune preuve de vaccination ne sera exigée. Ils sont carrément exemptés.

Pour toute justification, le BAN a indiqué que « l’ensemble des député(e)s a déclaré être entièrement vacciné ».

Mais comment interpréter le mot « ensemble » dans ce contexte ? Doit-on comprendre que chaque député est pleinement vacciné, ou que seulement la majorité l’est ? La nuance est importante.

Mais dans un cas comme dans l’autre, l’audace, que dis-je, l’outrecuidance pestilentielle du BAN d’exempter les députés traduit une mentalité élitiste, un relativisme moral indigne d’une démocratie.

On se fie à la déclaration, que l’on espère authentique, des députés. Mais on exige une preuve matérielle de tous les autres employés et de la population. Pour quelle raison fumeuse devrions-nous donc croire sur parole les uns, mais non les autres ? Les élus seraient-ils donc de facto plus vertueux que le peuple ? 

Inacceptable

Cette insolente permissivité est inacceptable. D’une part, elle méprise le devoir d’exemplarité auquel la classe politique doit pourtant se conformer, et qui lui confère sa légitimité. D’autre part, elle crée une dangereuse fracture entre les gouvernants et les gouvernés, et un halo malsain autour d’une élite à qui l’on reproche déjà souvent d’être hors sol.

Le BAN aurait pu saisir cette occasion pour montrer que les députés sont des citoyens parmi d’autres, qu’il croit en la démocratie. Il a plutôt institutionnalisé une classe de privilégiés. Et voilà que nous assistons au déploiement de l’aristocratie québécoise !