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L’audace de Bruno Marchand

Le chef de Québec forte et fière, Bruno Marchand
Photo Stevens LeBlanc Le chef de Québec forte et fière, Bruno Marchand

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Nouveau venu dans la campagne municipale à Québec, le candidat à la mairie Bruno Marchand a provoqué un important débat sur les redevances le long du tracé du tramway. Et plus il s’explique, plus son idée apparaît intéressante.

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« Ce n’est pas vrai que parce que les débats sont difficiles, que parce qu’on est en campagne, il faudrait tout mettre ça sous le couvert et se dire qu’il ne faut pas déranger les citoyens ni personne », a plaidé hier Bruno Marchand.

Le chef de Québec Forte et Fière a fait cette déclaration à l’issue d’un débat où il s’est encore fait reprocher par trois adversaires de vouloir imposer des redevances le long du tracé du tramway.

Il est vrai que M. Marchand fait preuve d’audace en gardant la porte ouverte à cette option. La question sur les redevances lui a été posée sans qu’il s’y attende, au tout début de la campagne, et il a répondu avec franchise qu’il était ouvert à l’étudier. Depuis, ses opposants lui ont accolé l’étiquette de « Marchand de taxes », « Monsieur Surtaxe », et j’en passe.

Le candidat n’avait pas prévu en parler aussi tôt dans la campagne. C’est sans doute pourquoi ses explications manquaient au départ de clarté. Mais M. Marchand fait néanmoins ressortir une option qui, malgré ce que ses opposants en disent, mérite de s’y attarder.

Autre option 

Rappelons que la Ville investit 300 M$ dans le projet de tramway, financé à hauteur de trois milliards par les gouvernements fédéral et provincial. 

Se basant sur une étude de 2019, l’administration municipale sortante a prévu récupérer cet investissement sur 25 à 30 ans, grâce aux taxes foncières générées par les nouvelles constructions le long du tracé. 

M. Marchand réfléchit pour sa part à utiliser aussi des redevances pour financer une partie de l’investissement. À Montréal, on a prévu cette mesure le long du tracé du REM. 

À Québec, la mesure pourrait ne s’appliquer que pour des projets à haute valeur financière et prévoir des exclusions, expose M. Marchand. Ce dernier fait valoir qu’en récoltant de tels revenus, cela permettrait de dégager des fonds et de permettre, par exemple, la baisse de taxes qu’il promet aux commerçants dans une deuxième année de mandat. 

Pourquoi ne pas réfléchir à une telle option alors que le gouvernement du Québec a permis aux villes d’utiliser d’autres leviers pour aller chercher de nouveaux revenus, pour éviter de surcharger les citoyens ? C’est la question qu’a lancée hier Bruno Marchand, à juste titre. 

L’administration Labeaume a sans doute choisi de balayer l’option sous le tapis afin d’éviter de se faire reprocher de vouloir « taxer » davantage. 

Mais quand on comprend qu’il s’agit d’un moyen pour limiter ce qu’on pige dans la poche des contribuables, pour puiser plutôt dans les poches de riches promoteurs, on se dit que l’idée mérite d’être creusée. 

Une campagne électorale représente un très bon moment pour débattre de questions aussi importantes. Encore faut-il en avoir le courage, et là-dessus personne ne pourra reprocher à Bruno Marchand d’en avoir manqué.

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