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Les enfants devraient-ils regarder Squid Game?

Squid Game
Phot courtoisie, Netflix

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La série coréenne Squid Game (Le jeu du calmar) est en voie de devenir la série la plus regardée sur Netflix. C’est ma fille de 12 ans qui m’en a parlé en premier. Elle voulait la voir. Et je n’étais pas certaine que c’était une bonne idée.  

  • Écoutez le commentaire de Geneviève Pettersen avec Julie Marcoux à QUB radio

Très violent

Pourquoi ? Parce que ça raconte l’histoire de protagonistes qui tentent de gagner une importante somme d’argent en jouant à des jeux classiques de l’enfance.

Dès l’épisode 1, on assiste à une partie de 1-2-3, soleil assez particulière. Les perdants ne sont pas éliminés comme lorsqu’on était enfants. Ils sont abattus. C’est assez sanglant.

Ma première réaction a donc été de répondre non. Puis j’ai réfléchi. Je me suis demandé ce qui était le mieux : que ma fille s’en fasse parler à l’école sans aucun recul et qu’elle l’écoute en cachette ou que je l’accompagne là-dedans. J’ai choisi la deuxième option.

On a commencé la série en début de semaine. Et je dois dire que je comprends l’engouement. C’est TRÈS bon. C’est une espèce de métaphore du capitalisme et ça nous met en pleine face jusqu’où l’humain est prêt à aller quand il est poussé dans ses derniers retranchements.

Les enfants sont intelligents

Oui, c’est violent. Mais je pense qu’il faut parler de cette violence-là avec nos enfants. Les enfants ne sont pas caves, et il n’est jamais trop tôt pour apprendre à réfléchir à des questions difficiles.

On s’entend, jamais je n’aurais permis à ma fille d’écouter ça seule. L’écoute requiert une supervision de tous les instants. À chaque épisode, on discute de cette violence explicite. On se demande ce que ça nous fait de voir ça et si on veut continuer.

Cela donne lieu à des discussions et des questionnements que je juge extrêmement pertinents, entre autres sur la violence du système.

On s’interroge aussi sur nos limites. Quelles seraient-elles si on était placés dans la même situation que les personnages ? Est-ce que tous les humains sont capables d’une telle violence ? Vu la façon dont on s’est garroché le papier de toilette au début de la pandémie, on a la réponse.