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Retrait non consenti du condom: la Californie légifère

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L’État de la côte ouest est reconnu pour ses législations souvent progressistes. La Californie est devenue jeudi le premier État à pénaliser le retrait non consenti du condom pendant une relation sexuelle.

Le gouverneur Gavin Newsom a insisté sur l’importance du consentement lors des relations sexuelles, tout en soulignant les dangers encourus par le retrait du préservatif. Ce qu’on appelle également le stealthing accroît donc le risque d’infections transmises sexuellement ainsi que les grossesses non désirées.

Les statistiques récentes en Californie pointaient en direction d’une hausse de stealthing chez les femmes, mais également parmi les homosexuels. Le retrait non consensuel du condom est désormais considéré comme une agression sexuelle.

Si je déplore qu’on doive une fois de plus légiférer pour imposer respect et consentement, je me réjouis qu’un État intervienne enfin, et l'on ne peut qu’espérer que d’autres emboîtent le pas.

En plus d’apposer sa signature à cette loi attendue, le gouverneur Newsom a également corrigé ce qui me semblait être une injustice majeure. Il a signé la loi AB1171, qui fait du viol conjugal un crime aussi sévèrement puni qu’un viol sur une personne à laquelle on n’est pas lié par les liens du mariage.

Le viol conjugal bénéficiait jusqu’à hier d’un statut particulier. Ce statut trouvait ses origines lointaines dans la common law britannique, mais aussi dans l’influence du christianisme, la femme n’ayant pas d’autorité sur son propre corps. Ce que nous appelons chastement «le devoir conjugal» ouvrait donc la porte à des excès. 

Voilà, il aura fallu attendre longtemps pour qu’on reconnaisse la nécessité du consentement de la femme à des rapports sexuels avec son conjoint. Si la Californie est avant-gardiste en légiférant sur le stealthing, l’État était l'un des rares à distinguer le viol conjugal des autres viols.

Au cas où vous seriez tentés de croire que la loi AB1171 fait l’unanimité et que son adoption constituait une simple formalité, je m’empresse de corriger cette perception. La loi a bien failli ne jamais voir le jour parce que des législateurs craignaient qu’on en abuse et que l’on contribue à briser des foyers.

Étonnant, non? Les habitants de l’État ont dû attendre jusqu’en 2021 pour légiférer adéquatement sur le consentement et mettre fin à une exception légale qui s’appuyait sur une interprétation de la Bible. Certaines choses changent lentement, trop lentement...