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Une comédie d’erreurs

Élections fédérales 2021
Photo d’archives

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Le gouvernement Trudeau réinvente l’art de s’autopeluredebananiser.

Cela fait maintenant plus d’une semaine que le premier ministre s’empêtre dans la controverse au sujet de ses vacances d’été qui ont été repoussées pour cause d’élections inutiles. 

Ça a commencé avec un lapin posé aux communautés autochtones qui l’attendaient jeudi dernier pour marquer la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, qu’il a lui-même instaurée.

M. Trudeau s’en est excusé, sans aller au bout de sa pensée, une semaine plus tard. 

« Pourquoi » cette bourde, lui a-t-on demandé.

« Je pense que la façon dont cela s’est produit est moins importante que le fait que cela ce soit produit », a-t-il proposé.

Répondre franchement à cette question aurait peut-être été trop douloureux. 

Il lui aurait fallu admettre qu’il en est le seul et unique responsable, tant de son séjour inopportun, que du choix de son entourage. 

Personne, autour de lui, n’a cru bon de lever un drapeau rouge. Pire, il est même possible que tous croyaient que le premier ministre faisait le bon choix en s’éclipsant au pire moment. 

Puis sont venues les révélations de notre Bureau d’enquête.

En plus de faire faux bond à des communautés autochtones, le premier ministre a choisi pour ses vacances sur la plage de Tofino un domaine appartenant à une famille dont des entreprises ont trempé dans un paradis fiscal.

Une famille, aussi, propriétaire d’une entreprise qui a déjà été inscrite en 2017 pour faire du lobbyisme auprès du cabinet du premier ministre. 

Ce qui n’a pas empêché M. Trudeau et sa famille de séjourner de nouveau dans le luxueux domaine en 2019 et la semaine dernière. 

Excuses commodes

Que l’utilisation de la villa ait été « autorisée » par le commissaire à l’éthique ne classe pas l’affaire pour autant.

Ce n’est pas le job du commissaire d’autoriser ce genre de voyage. 

Après le scandale du voyage sur l’île de l’Aga Khan, M. Trudeau a pris l’habitude de dévoiler au commissaire ses destinations de vacances.

Le document tient sur une page et le commissariat produit des recherches minimales. 

On voit aujourd’hui que tout cela sert surtout d’excuses commodes.

La question continue de se poser : combien M. Trudeau a-t-il payé pour son séjour dans la villa qui n’est d’ailleurs pas disponible sur les sites de location ?

A-t-il obtenu un prix d’ami ?

Le bureau du premier ministre n’était apparemment pas au courant de la présence d’une entreprise de M. McRoberts dans un paradis fiscal.

J’espère bien. Aurait-on fait un choix différent si on avait été au courant ? 

Difficile à dire. Ce gouvernement a démontré qu’il a l’éthique élastique et est facilement aveuglé par sa propre vertu, comme dans l’affaire WE Charity. 

Réconciliation

Encore hier, une Première Nation se disait amère d’avoir été ignorée par M. Trudeau lors de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

La bonne nouvelle, c’est que le premier ministre a du temps devant lui pour se refaire. 

Les prochaines élections ne sont pas pour bientôt. Mais sur le dossier de la réconciliation, M. Trudeau n’a plus le droit à l’erreur.