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Vaccination: la tentation de repousser la date

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Photo d’archives En approchant du 15 octobre, il existe une tentation naturelle de repousser la date de la vaccination obligatoire.

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En juin dernier, madame Céline Hade est décédée après avoir contracté la COVID-19 dans un département de chimiothérapie où du personnel n’était pas vacciné. Ce jour-là, nous savions que la vaccination deviendrait obligatoire dans la santé.  

Regardons les choses en face : il y aura des pleurs et des grincements de dents ce 15 octobre. L’entrée en vigueur de l’obligation d’être vacciné ne pouvait pas se faire sans heurts.

Des gens vont partir, tristes ou en colère, parce qu’ils auront fait le choix contre vents et marées de refuser la vaccination. Ils paieront un prix élevé : du salaire, de l’ancienneté, des avantages sociaux, des contributions à leur régime de retraite.  

Cette décision paraît bien peu compréhensible pour quelqu’un comme moi qui suis allé me faire vacciner à la course, en prenant une heure entre deux émissions. Quelque chose de simple, rapide, banal et évident. Et gratuit. Mais force est de constater que certaines personnes ont développé une méfiance ou une haine obsessives.

Un coup à donner

Une fois ceux-là partis, il y aura un traumatisme pour le personnel restant... et les patients. Le système de santé se trouve dans un état pitoyable. Le gouvernement tente une opération de recrutement désespérée pour combler le manque de personnel. On pourrait difficilement trouver un pire moment pour forcer des employés à partir.

En approchant du jour critique, il existe naturellement une tentation de repousser la date du 15 octobre. C’est d’ailleurs la demande formulée par un groupe de syndicats et le Parti Québécois. Le gouvernement a rejeté l’idée et il doit absolument garder le cap.  

Repousser la date peut être tentant au même titre qu’on peut être tenté de remettre à la semaine d’après le rendez-vous pour arracher ses dents de sagesse. Avertissement : ça ne fera pas moins mal la semaine prochaine !

Reporter l’échéance de deux, trois ou quatre semaines ne constituerait qu’un geste de lâcheté. Il n’y aura aucun bénéfice. Faire vacciner plus d’employés ? Après tout ce qui a été dit sur le vaccin, après les avertissements concernant les conséquences sur leur emploi, ceux qui refusent le vaccin sont des purs et durs. Nous n’en sommes plus à quelques jours supplémentaires de réflexion pour changer d’idée.

Quant au problème de main-d’œuvre, il ne sera pas réglé par miracle en deux semaines. Peu importe le moment, les gestionnaires devront faire des plans de contingence pour compenser le départ des non-vaccinés. Et ça va faire mal de toute façon.  

Crédibilité

Céder à la tentation en repoussant la date aurait surtout pour effet de miner la crédibilité du gouvernement. Il aurait l’air d’avoir agité un épouvantail pour faire peur sans avoir vraiment cru en sa date limite.  

La crédibilité du gouvernement serait aussi minée advenant qu’il faille imposer la vaccination obligatoire à d’autres groupes comme les employés de l’éducation ou des services de garde. Qui prendra au sérieux la date si on a joué au yo-yo avec elle la fois précédente ?