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Vague de mercis aux éducatrices

Des centaines de parents s’affichent sur les réseaux sociaux en appui aux éducatrices en CPE

Parents pour les éducatrices
Photo tirée de Facebook

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Des centaines de parents ont publié une photo en appui aux éducatrices de leur enfant sur les réseaux sociaux dans les derniers jours, un mouvement qui a pris une tournure virale.

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« Si le CPE n’est pas là, moi je ne peux pas être au travail. Et si je ne suis pas là, elles [les victimes] font quoi ? » témoigne Caroline Deschênes, 33 ans. 

Cette mère de Baie-Comeau, qui a notamment une fille de 3 ans en CPE, travaille dans un organisme qui vient en aide aux victimes de violence conjugale. 

Elle fait partie des centaines, et peut-être même des milliers de parents qui ont publié une photo d’eux avec un petit mot d’appui aux éducatrices de la garderie de leur enfant pour rappeler que sans elles, les parents ne pourraient travailler et rendre service à la société, dans beaucoup de cas. 

Parents pour les éducatrices
Photo tirée de Facebook

Plus viral que prévu

L’initiative a été lancée par l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), qui est aux prises avec une grave pénurie de main-d’œuvre et même des ruptures de service. 

Les éducatrices en CPE négocient actuellement avec le gouvernement. L’AQCPE n’est toutefois pas à la table de négociation.

« Les parents le voient, qu’ils perdent leurs éducatrices au profit d’autres milieux », explique la directrice générale, Geneviève Bélisle. 

Parents pour les éducatrices
Photo tirée de Facebook

L’ampleur du mouvement est difficile à chiffrer car les internautes ont utilisé plusieurs hashtags et orthographes différents. 

« Ça a été beaucoup plus viral qu’on s’y attendait », s’étonne Mme Bélisle. 

Des personnalités connues, comme la chanteuse Ariane Moffatt et l’animatrice Vanessa Pilon, ont notamment partagé leur mot de reconnaissance. 

« J’ai pu être députée à l’Assemblée nationale et ministre, voter des lois et faire des réformes grâce à Chantal, Sonia et toute l’équipe du CPE La Petite Cour », a publié la députée péquiste, Véronique Hivon.

Parents pour les éducatrices
Photo tirée de Facebook

Rentrer plus tôt

Le Journal a parlé à quatre mères qui ont embarqué dans le mouvement. 

« Capable d’enseigner à mes 20 élèves grâce à Titi, Isabelle, Caroline et Françoise du CPE », a écrit Marie-Pier Savard, 32 ans, sur la note qu’elle a publiée. 

Cette mère de la Rive-Sud de Montréal a trois enfants en CPE, c’est-à-dire deux jumeaux de 6 mois et une fille de 3 ans. 

Elle était censée revenir de congé de maternité seulement en janvier, mais la pénurie de profs dans les écoles l’a incitée à rentrer plus tôt... ce qui aurait été impossible si elle n’avait pas « gagné à la loto », c’est-à-dire avoir une place en CPE pour chacun de ses trois bambins, remarque-t-elle. 

Elle peut donc apprendre à lire et à écrire aux petits de sa classe de 1re année l’esprit en paix. 

Dans le Bas-Saint-Laurent, on s’arrache les services de Marie-Ann Marquis, ergothérapeute. « Des fois, ça fait pitié », dit-elle en donnant l’exemple d’une dame de 70 ans qui attendait des services depuis un an. 

Elle est donc doublement contente d’avoir une place en CPE pour son enfant de 18 mois.

« Je peux faire des [rayons X] et des IRM grâce à Michelle », a également publié Émilie Lallier, 32 ans, technologue en imagerie médicale.

Son métier est au cœur de la chaîne des diagnostics, explique cette mère de Trois-Rivières, où le manque de places en garderie se fait cruellement sentir. 

Marie-Pier Savard a pu terminer son congé de maternité plus tôt car ses trois enfants en bas âge ont une place dans le même CPE, sur la Rive-Sud de Montréal.
Photo tirée de Facebook
Marie-Pier Savard a pu terminer son congé de maternité plus tôt car ses trois enfants en bas âge ont une place dans le même CPE, sur la Rive-Sud de Montréal.