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Célébrer la vie: en quête de nouveaux défis, Marie-Claude Barrette lance une émission à son image

« Ce n’est pas dans le silence que les choses avancent. »

Célébrer la vie: en quête de nouveaux défis, Marie-Claude Barrette lance une émission à son image
Photo Jocelyn Michel, byconsulat.com

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« Ne cherche pas le bonheur, il est là où tu es. » Voilà la phrase bouddhiste qui suit Marie-Claude Barrette depuis sa jeunesse. Après avoir passé 11 années sur 12 à la barre de l’émission Deux filles le matin, l’animatrice trouve son bonheur sur une barque qu’elle mène désormais seule et qui se nomme tout simplement Marie-Claude.

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Marie-Claude Barrette n’a jamais eu de plan de carrière. La bachelière en sciences économiques, qui a vécu 14 ans dans le Bas-Saint-Laurent, a plutôt pris soin au fil des années d’enchaîner les projets qui la gardaient « toujours un peu au bout de sa chaise ». 

Comme l’animatrice de 52 ans carbure aux nouveaux défis, il était dans l’ordre des choses qu’elle décide un jour de quitter le confort de Deux filles le matin pour se rendre animer seule une émission à son image. 

« Marie-Claude est une émission touche à tout par rapport à l’humain, explique celle qui partage sa vie avec le commentateur et homme politique Mario Dumont depuis trois décennies. On va dans toutes les zones de l’humain, sans exception. On peut parler de politique, de santé, de mort, de mariage, de bébés, de séparations, il n’y a pas de tabous, tout se dit dans le respect. » 

Son nouveau plateau, elle le voit comme un lieu protégé des commentaires haineux et violents – de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux – où chacun des invités est libre de dire les choses et d’aller au bout de ses pensées. Le tout dans un esprit de partage, de soutien et d’information permettant d’outiller les téléspectateurs.

« Maintenant, je donne mon opinion, ajoute la mère de trois grands enfants. Mes questions sont de vraies questions personnelles, de vraies préoccupations. Évidemment, je reste dans l’écoute, car j’aime entendre, j’aime apprendre, comprendre et trouver des arguments. »

Ses modèles d’intervieweurs sont d’ailleurs québécois. L’animatrice affirme s’inspirer du côté direct et sans fla-fla de Stéphan Bureau et de l’intimité qu’a toujours su créer Janette Bertrand avec ses invités. 

« Cela m’inspire, car quand je fais des entrevues je me questionne beaucoup, dit-elle. Quel est l’état de la personne ? Comment va-t-elle se sentir ? Sera-t-elle disposée à parler de choses plus difficiles ? Je suis plus inspirée par les gens du Québec que par des animateurs d’ailleurs qui ont souvent des budgets faramineux et qui travaillent avec un télésouffleur. Moi, je ne veux pas lire ce que je dis, je veux penser ce que je dis ! »

Vieillir, ce privilège

Marie-Claude Barrette sait que lorsqu’elle marche dans la rue, il y a de fortes chances que de purs étrangers l’arrêtent pour lui confier des parcelles sombres de leur histoire. Un lien de confiance qu’elle trouve aussi incroyable que touchant. 

« Les gens me racontent tout, comme cette femme qui m’a approchée récemment en me disant : “Bonjour, j’ai le sida depuis 13 ans et en ce moment, je ne vais pas bien.” Avec moi, il n’y a pas de préliminaires, on s’en va droit au but. J’en ai vécu des moments intenses, comme pleurer dans un stationnement avec quelqu’un que je ne connaissais absolument pas. »

Ces moments singuliers viennent teinter ses interventions à la télévision tout comme sa façon de voir et de célébrer la vie. Car Marie-Claude Barrette n’attend pas de vivre de grandes choses pour festoyer. Elle prend soin de souligner, de nommer et de célébrer les petits moments, les petites victoires. 

Après avoir vu de nombreux amis quitter cette vie sans avoir eu le temps de réaliser leurs rêves, Marie-Claude Barrette explique accueillir avec reconnaissance la beauté de vieillir. 

« Il y a comme une paix, un dégagement et une distance qui donnent un sens à la vie, confie-t-elle. J’espère que quand je serai encore plus vieille, ma vie sera une célébration. Car c’est une chance de prendre de l’âge et un grand privilège de vieillir en santé. Après cela, il suffit de croquer dans la vie, car la vie est belle ! »


L’émission Marie-Claude est présentée sur les ondes de TVA du lundi au mercredi à 10 h.

Pour en savoir plus sur Marie-Claude...  

Les entrevues les plus marquantes 

La journée qu’elle a passée avec Gregory Charles et où l’artiste s’est ouvert sur son rôle de proche aidant auprès de sa mère l’a beaucoup émue. L’entrevue avec Stéphane Fallu l’a aussi beaucoup touchée, car alors qu’il parlait de son enfance différente, l’humoriste a laissé place un moment au petit garçon qu’il a été.

La plus belle surprise d’invité

« Fabienne Larouche s’est mise complètement disponible. Elle était aussi très émotive en parlant de la femme qui lui a donné la chance de sa carrière : celle de devenir une autrice seule et non pas accompagnée d’un homme. Cela m’a étonné qu’elle accepte de montrer sa vulnérabilité. C’était beau de voir la femme derrière tout ce qu’elle est. » 

Ce qu’on serait surpris d’apprendre à son sujet

« Que je suis une amatrice de jeux vidéo, même si je l’ai déjà dit. Sinon, à quel point j’aime l’émission Say Yes to the Dress ! Je peux en regarder cinq en rafale tout en me demandant : mais pourquoi ? Je suis une fan finie de télévision. Je jase beaucoup avec ma télé, je commente. » 

Le matin au réveil...  

L’animatrice se lève tôt, entre 5 h 30 et 6 h, se prépare un bon café puis marche ou s’amuse avec ses chiens. « Une sorte de zoothérapie qui me fait commencer mes journées de bonne humeur. Je suis une machine le matin, même en vacances. » Elle lit ensuite les journaux et décide de ce qu’elle aura envie de commenter pour sa chronique à l’émission de Sophie Durocher sur les ondes de QUB Radio. 

Pourquoi il ne faut pas lui dire que 50 ans est le nouveau 40 ?

« J’ai 52 ans d’expérience, je n’ai pas 42 ans ! J’ai commencé la télé à 40 ans, je n’étais pas la même femme que maintenant. Pourquoi j’effacerais ces années de ma vie ? Chaque année, je les ai gagnées. J’ai travaillé fort. Il s’en passe des choses dans une année, je n’en enlèverai jamais à ma vie. Le fait de vieillir, c’est de l’expérience que tu gagnes. Et puis, combien y a-t-il de gens dans les cimetières qui auraient aimé avoir des rides et vieillir ? »

La nature dans sa vie

« Je suis une grande solitaire, j’ai besoin de m’arrêter pour réfléchir, me faire une tête et écrire. Pour être équilibrée, il faut que j’aie de la tranquillité et du monde. Plus je vieillis, plus la forêt devient importante. Je me rends compte à quel point c’est un bien précieux, cela me permet de me retrouver et d’accueillir. La rencontre avec la nature me grounde énormément. »

Ses récents coups de cœur littéraires québécois

C’est le cœur qui meurt en dernier de Robert Lalonde. « Ses livres sont tellement beaux ! C’est vraiment une lecture qui fait du bien à l’âme. » David Goudreault aussi, l’écrivain qui a fait naître chez son fils l’amour de la lecture. « C’est une lecture qui rentre au poste ». 

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