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Des nouvelles inspirées de faits divers

Serge Labrosse
Photo courtoisie, Serge Labrosse

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Petits et grands drames, histoires d’amour, faits divers, crimes, vengeances, milieu interlope : Serge Labrosse s’est inspiré de sa carrière de journaliste et de son expérience dans les faits divers pour écrire son tout premier recueil de nouvelles, L’encre sèche et on oublie. Dans ses textes courts et incisifs, il fait naître des personnages, des scènes, des histoires qui fascinent et intriguent. 

Serge Labrosse a été reporter au Journal de Montréal et affecté pendant plusieurs années à la couverture des faits divers, de la scène judiciaire et des enquêtes, avant de devenir chef de rédaction. Il en a vu de toutes sortes, se retrouvant lui-même au cœur d’une prise d’otage.

« C’est une continuité de ce que j’ai vécu et de ce que j’ai connu », explique-t-il, en entrevue téléphonique. « Tous mes textes ne sont pas inspirés de faits divers, mais plusieurs d’entre eux sont inspirés de faits qui se sont réellement passés. Ce sont des déclencheurs qui me permettent d’explorer un côté plus humain des hommes et des femmes, dans ce qu’ils ont vécu de plus sombre, parfois. »

Il révèle que l’envie d’être écrivain est bien ancrée depuis son adolescence. « Je suis à la retraite aujourd’hui, mais j’étais très jeune quand j’ai choisi de devenir journaliste : j’avais 14 ans. On était au secondaire et l’orienteur venait nous rencontrer et nous demandait de réfléchir déjà à ce qu’on voulait faire comme carrière, pour pouvoir décider de notre parcours scolaire à venir. La première idée que j’avais — et c’est resté toujours ancré en moi —, c’était de devenir un jour écrivain. C’était il y a 50 ans ! »

« J’ai choisi le journalisme pour pouvoir vivre de ce que je savais faire — écrire. Je voulais vivre de quelque chose qui se rapprochait le plus de la littérature. Tout au long de mon parcours journalistique, je me suis toujours efforcé d’écrire des histoires qui se tenaient, confie-t-il. Il n’y a pas de place pour sortir du réalisme. »

Au fil des ans, il s’est efforcé d’écrire en parallèle, pour son plaisir, des textes plus littéraires, des histoires pour enfants. « Dans les dernières années, je me sentais un peu retenu », fait-il remarquer.

Aujourd’hui, en 300 mots, il arrive à faire tout autre chose, en laissant aller son imagination. « Je peux écrire le même nombre de mots, mais des mots différents, des mots choisis, des mots qui sont moi. J’ai beaucoup de liberté dans ce que j’écris. Je peux inventer, aujourd’hui. J’adore ça ! »

Style court

Comment a-t-il trouvé le passage de la salle de nouvelles à l’écriture de nouvelles littéraires ? « J’adore le style de la nouvelle parce qu’il est court, ce à quoi je suis habitué. La nouvelle, c’est écrire en peu de mots des histoires qui ont une fin un peu surprenante. »

« Comme journaliste, j’étais aux faits divers. Il y avait des choses qui se passaient tard et on écrivait jusqu’à la dernière seconde pour essayer de trouver l’entrevue finale qui viendrait apporter le “plus” que les lecteurs recherchent. On arrivait souvent, en plein deadline, à devoir écrire très rapidement, dans un texte très court, une histoire très élaborée. »

Quand il écrit de la nouvelle littéraire, maintenant, il se replonge, par réflexe, dans la même atmosphère. « Je me mets au défi : je commence mon texte et je veux absolument finir dans un laps de temps minimum. » 

  • Journaliste de carrière, Serge Labrosse a travaillé comme journaliste d’enquête au Journal de Montréal, puis dirigé la salle de rédaction de ce quotidien et d’autres journaux.
  • Sa première nouvelle, L’Éphémère, a été publiée chez XYZ. La revue de la nouvelle, en 2017. 
  • Ses participations au concours de l’Interlettre lui ont valu distinctions et lectures publiques aux Correspondances d’Eastman et son manuscrit Antoine et le chandail rose lui a assuré une troisième place aux Grands prix du livre de la Montérégie, catégorie Tout-petits. 
  • Avec L’encre sèche et on oublie, il nous livre son premier recueil de nouvelles. 
  • Il habite à Belœil.
<b>L’encre sèche et on oublie</b><br />
Serge Labrosse<br/>
Lévesque Éditeur<br/>
104 pages
Photo courtoisie
L’encre sèche et on oublie
Serge Labrosse
Lévesque Éditeur
104 pages