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Les dinosaures sont toujours parmi nous

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La première fois que j’ai entendu parler de paléontologie, je crois bien que c’est dans Tintin, l’album où figurait l’impressionnant Rascar Capac, il me semble. On y voit la photo d’un paléontologue qui aurait été momifié.

Depuis ce temps, les paléontologues ont toute mon estime. L’auteur, Steve Brusatte, est de ceux-là. Ceux qui n’hésitent pas à tout abandonner pour partir à la découverte d’un nouveau fossile de dinosaure, comme cette fois à Jinzhou, une ville chinoise. Un spécimen rare l’attendait, qui n’avait rien des « grosses brutes écailleuses et stupides, mal adaptées à leur environnement ». 

Pour le scientifique, les dinosaures ne sont pas une simple curiosité à voir dans les musées ou un objet de fascination pour les enfants, comme dans Jurassic Park. Aussi incroyable que cela puisse paraître, « un nouveau dinosaure est découvert chaque semaine ; soit près de 50 nouvelles espèces par année ». 

Grâce à de nouveaux outils comme le scanner, les paléontologues peuvent mieux comprendre le monde des dinosaures et de quelle façon ces derniers sont parvenus à dominer le monde pendant 150 millions d’années, « certains d’entre eux comptant parmi les animaux les plus étonnants n’ayant jamais existé, y compris les oiseaux, ces quelques dizaines de milliers de dinosaures modernes ».

On se demande aujourd’hui s’il y a des humains ou d’autres formes de vie sur Mars ou ailleurs à l’extérieur de notre galaxie, mais on oublie que sur notre bonne vieille Terre, où il n’y avait ni continents ni océans, des géants « et d’autres créatures fantastiques » y ont vécu avant nous, dans plus ou moins les mêmes conditions environnementales, laissant leurs fossiles ensevelis dans la roche – véritable gardienne de l’histoire – comme preuve de leur passage ici bas.

Il y a environ 252 millions d’années, la Terre s’est mise à gronder et en divers endroits la lave brûlante s’est échappée de volcans pendant des milliers d’années. Le dioxyde de carbone qui s’échappait des volcans, un puissant gaz à effet de serre, a entraîné un réchauffement planétaire, avec réactions chimiques en chaîne. « Près de 90 % des espèces vivant à cette époque ont disparu. [...] La vie a frôlé au plus près son anéantissement total. »

Puis la nature a entrepris une longue convalescence jusqu’à arriver à la période jurassique, qui a débuté il y a environ 230 millions d’années, « alors que de véritables dinosaures entraient en scène ». L’étude des fossiles de traces laissées par certaines créatures apparues après l’extinction massive démontre qu’elles pouvaient se redresser pour se mouvoir dans leur environnement. C’est le cas du Prorotodactylus, l’ancêtre du dinosaure, dont l’auteur a trouvé des traces en Pologne.

Une énigme qui reste entière

Les découvertes de fossiles sont souvent l’effet du hasard. Un cultivateur découvre un squelette ou une partie de celui-ci en labourant sa terre. C’est ce qui s’est passé à Ischigualasto, dans le sud de l’Argentine, « une valeur sûre en matière de fossiles ». Plusieurs spécimens, carnivores et herbivores, y ont été prélevés. On peut les voir, entre autres, à l’Institut et musée des sciences naturelles de la ville de San Juan, en Argentine. Mais, « ces premiers dinosaures n’étaient pas encore les dominants qu’ils allaient devenir, éclipsés alors par des amphibiens plus grands et plus variés qu’eux, par leurs cousins mammifères, ainsi que par leurs parents crocodiliens, aux côtés desquels ils vivaient ». 

Les éruptions volcaniques ont eu un effet « positif » : elles ont favorisé la diversification et l’expansion des dinosaures. Ceux-ci ont profité du chaos ambiant pour prospérer, en nombre et en taille, tandis que les autres espèces disparaissaient sous l’effet des changements climatiques. Certains sauropodes représentent « les plus grands animaux ayant jamais foulé la terre. Ils ont repoussé les limites de ce que l’évolution est en mesure d’accomplir. [...] Vers le milieu du Jurassique, leur domination était totale et les principales espèces s’étaient emparées du monde entier ». Pourquoi en fut-il ainsi ? L’énigme reste entière, répond le paléontologue. Finalement, de nouvelles éruptions volcaniques entraîneront leur extinction... presque totale. 

Si vous êtes friands des grandes découvertes, vous plongerez dans ce récit captivant au terme duquel vous vous direz que les oiseaux sont des dinosaures qui ont survécu et qu’ils sont toujours parmi nous. « L’empire des dinosaures s’est peut-être effondré, mais les dinosaures demeurent. »

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