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Les Québécois au banc des accusés

GEN-MARCHE-VERITE-RECONCILIATION
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Le gouvernement de François Legault maintient son refus d’user de l’expression « racisme systémique » pour décrire le racisme dont les autochtones sont les victimes depuis plus d’un siècle.

N’est-ce pas le Canada qui s’est comporté en ségrégationniste ? Ce sont les gouvernements successifs qui ont accepté l’infâme Loi sur les Indiens, une loi apartheid à vrai dire, qui a soumis les peuples autochtones.

C’était une loi qui a créé les réserves de toutes les infamies. Et qui a inspiré la création de pensionnats visant le déracinement et la déculturation des enfants indiens dans le but d’en faire des « blancs ».

Fausses accusations

Les Québécois francophones, le premier ministre Legault en tête, savent bien que tous les combats du Québec pour défendre sa langue et son identité indiquent leur supposée intolérance et leur propre racisme. Le Québec francophone n’en finit pas d’être accusé de tous les péchés du monde. Un sondage Angus Reid publié hier démontre que le projet de loi 96, affirmant que le Québec est une nation et que le français est sa langue officielle, est appuyé par 76 % des francophones. En revanche, 82 % des anglophones du Québec ne reconnaissent pas cette réalité.

Le Québec suscite le mépris de nombre de Canadiens. Les Québécois francophones sont considérés encore aujourd’hui comme des sous-développés en démocratie. C’est peu dire qu’ils ne sont ni aimés ni appréciés.

Le Canada anglais se méfie de François Legault, le considérant comme un séparatiste masqué et un nationaliste exacerbé. Or, le Canada postnational dédaigne le nationalisme tout comme l’extrême gauche présente au sein de Québec solidaire et comme tous les militants qui idolâtrent les droits individuels et ne reconnaissent aucun droit collectif.

La situation tragique qui a existé à l’hôpital de Joliette et dont Joyce Echaquan a été la victime a permis au Canada anglais de se défouler encore une fois sur le Québec en instrumentalisant honteusement la cause autochtone à des fins politiques. Le député libéral Gregory Kelley n’a-t-il pas fait un lien entre la loi 96 et la mort de Joyce Echaquan ? Bien sûr, il a dû s’en excuser sous la pression de Dominique Anglade, la cheffe du PLQ, mais cette scandaleuse affirmation a sans doute convaincu ceux qui à travers le Canada déblatèrent sur le Québec d’aujourd’hui.

Appui solide

François Legault, fort de l’appui d’une très forte majorité de Québécois, provoque une inquiétude grandissante au Canada anglais. Il faut consulter les médias d’un océan à l’autre pour cerner l’ampleur du rejet de sa politique d’affirmation nationale.

Les partis d’opposition au Québec ne peuvent ignorer cette réalité. Bref, ils devront parfois défendre le Québec contre les attaques extérieures.

Qui eût cru que plus de 40 ans après l’adoption de la loi 101, époque où les Camille Laurin et René Lévesque se sont fait traiter de nazis par des adversaires aveuglés du Parti québécois, nous serions obligés de nous défendre devant le pays entier pour prouver que nous sommes solidaires des autochtones ? Car nous le disons, mais avec nos mots à nous.

Combien de provinces canadiennes ont signé comme nous avec les Premières Nations des traités comme la Paix des braves ? Comme tous ceux signés par nos ancêtres français, qui eux ont pris racine le long du Saint-Laurent.