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Noël pourrait coûter très cher cette année

Magasinage
JMTL JMTL Une pénurie en entraînant une autre, des centaines de produits commencent à manquer dans les magasins, alors que les fêtes de fin d’année approchent.

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En se promenant dans les allées des magasins, les images sont frappantes. Plusieurs rayons sont dégarnis. À moins de trois mois de Noël, ils devraient plutôt se remplir.

Des épices aux téléphones, en passant par les jouets et les meubles, ce sont des centaines de produits qui manquent à l’appel dans les rayons des magasins. Plusieurs y voient un signe que l’économie est en train de basculer dans un monde imprévisible.

Les délais d’attente pour acheter une voiture neuve dépassent les six mois pour certains modèles. De nombreux produits de consommation courante commencent à manquer, comme les chaussures ou les vêtements. Cette semaine, IKEA a d’ailleurs annoncé qu’un produit sur cinq n’était pas disponible dans ses magasins.

Des pénuries en entraînent d’autres. Celle des puces électroniques force les constructeurs automobiles à fermer temporairement des usines. Dans les ports, les embouteillages de conteneurs prennent de l’ampleur. Les coûts du transport maritime ont été multipliés par 10 depuis le début de la pandémie.

Jouets

La rareté entraîne des hausses de prix, et d’ici Noël, le marché des jouets ne sera vraisemblablement pas épargné. 

« Je vois le prix des jouets augmenter de 15 % à 25 % », me confiait récemment David Capon, le PDG de FoxMind qui commercialise le jouet de l’heure, le Pop it.

« On payait une cargaison par bateau environ 2000 $ avant la pandémie, alors qu’aujourd’hui, on fait venir nos jouets par avion à 100 000 $ la cargaison ! ».

Les fabricants et les distributeurs sont forcés de gruger leur marge de profit. Ils refilent aussi une partie de la facture aux consommateurs. Jusqu’ici bien huilée, la chaîne logistique mondiale est en train de dérailler. Les pénuries, et l’inflation qu’elles génèrent, pourraient bien durer. Pour combien de temps encore ? L’incertitude règne.

Alimentation

À l’heure où le prix du bacon atteint un record historique, d’autres matières premières sont affectées. Le blé tendre, qui permet de produire la farine, souffre des mauvaises récoltes cette année. Le café, le soja, l’avoine et le sucre sont aussi entraînés dans cette spirale haussière. L’augmentation du prix du carburant joue pour beaucoup.

Chine

Il y a aussi notre dépendance envers la Chine et le continent asiatique qui nous éclate en plein visage. À travers le monde, plus de 660 navires attendent d’être déchargés dans les grands ports. La situation est critique en Chine, frappée par des confinements successifs qui ont considérablement ralenti l’activité portuaire.

Ce n’est pas tout. Plusieurs provinces chinoises sont confrontées à de graves coupures d’électricité depuis plusieurs mois en raison de l’augmentation des prix du gaz et du charbon. Cette semaine seulement, deux importants fournisseurs de pièces électroniques pour Apple et Tesla ont annoncé qu’ils stoppaient leur production, faute de courant dans leurs usines.

Le capitalisme prépandémique semblait réglé comme une horloge suisse. Nous avons aujourd’hui basculé dans un « capitalisme de la patience », où le consommateur est tout sauf le roi.

Recul

En dépit du fort rebond de l’économie mondiale, l’ampleur des pénuries est telle que l’OCDE a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année 2021. Plusieurs économistes anticipent un retour à la normale quelque part en 2022.

D’ici là, les consommateurs devront s’y faire, mais il faut voir le côté positif. Ces perturbations économiques remettent en question nos habitudes de surconsommation.

Si vous voulez mettre la main, demain matin, sur une voiture neuve, une PlayStation 5 ou un iPhone 13... bonne chance ! Ce moment unique dans l’histoire du capitalisme est aussi l’occasion de réfléchir à nos comportements d’achat et à la gestion de notre portefeuille, sans quoi Noël pourrait coûter très cher cette année.