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12 scientifiques devenus stars: une découverte inattendue du Dr Denis Leclerc qui pourrait changer la façon de vacciner

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Dr Denis Leclerc, immunologue à l'Université Laval

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Un chercheur en immunologie de Québec a quitté l’agronomie après avoir fait une découverte sur une plante qui pourrait changer la façon de vacciner l’humain.

«Mon parcours est complètement atypique», convient le Dr Denis Leclerc.

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Bachelier en bioagronomie de l’Université Laval, il poursuit ses études jusqu’au doctorat à Toronto au début des années 1990, où il croise le virus de la mosaïque de la papaye, auquel il trouve des propriétés surprenantes. Mais c’est un stage postdoctoral en Suisse, où il rencontre des spécialistes en immunologie, qui lui fait réaliser toute la portée de sa découverte chez l’humain.

«Le virus végétal n’est pas dangereux pour nous, mais il déclenche une forte réponse immunitaire. Et ses nanoparticules peuvent servir de véhicule pour amener dans le corps des protéines ciblées d’un virus, comme celui de la grippe ou de la COVID-19. Quand j’ai compris ça, je me suis dit : wow, là, je peux faire une différence», explique le chercheur, rencontré dans sa serre installée au CHUL.

Mais avant d’en arriver là, le Dr Leclerc a fait le choix de revenir à Québec, décidé à faire de la recherche universitaire plutôt qu’aller travailler au privé. Son profil de spécialiste végétal ne convainquait toutefois pas le directeur du Centre de recherche en infectiologie de l’époque, le Dr Michel G. Bergeron.

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

«Quand j’ai sollicité un poste avec mon projet, sa réponse sonnait : “Comment un petit jeune comme toi, l’agriculteur, pense qu’il va contribuer là-dedans [la médecine]?” Et là, j’ai été piqué au vif», se souvient en riant Denis Leclerc.

Fonceur, le jeune chercheur envoie une lettre au directeur où il lui dit sa façon de penser. «Je me disais que c’était la dernière fois qu’on se parlerait, mais qu’il saurait au moins ce que j’avais dans la tête», lance le scientifique, précisant que sa détermination avait charmé la direction.

Il se dit aujourd’hui reconnaissant d’avoir eu cette opportunité du Dr Michel G. Bergeron, qui aura été son mentor pendant 20 ans.

«Michel est une figure marquante du monde scientifique et il a toujours dit qu’il cherchait à s’entourer des meilleurs, à s’entourer de gens combattifs, d’Olympiens», raconte le Dr Leclerc. «Il m’a toujours dit que c’est cette attitude-là qu’il avait reconnue dans ma lettre et qui l’avait convaincu de me laisser ma chance».

Et la leçon le guide encore aujourd’hui.

«Ç’a été ça toute ma vie. Plus c’est difficile, plus je suis performant parce que c’est là que je suis nourri», explique-t-il.

Travail d’une vie

Vingt ans plus tard, ses travaux sur la mosaïque du papayer débouchent sur une plateforme vaccinale qui pourrait mener à un vaccin universel pour la grippe et possiblement pour les coronavirus. À terme, il veut que le Québec se dote d’une «fabrique à vaccins publique» utilisant sa technologie.

«C’est ce que je veux léguer au Québec. C’est pour ça que je fais ce que je fais depuis 20 ans», confie Denis Leclerc, qui cherche à attirer l’attention du politique sur ses travaux, calqués quelque peu sur le modèle de ce qu’était l’Institut Armand-Frappier.

«Si on avait eu ça, on aurait probablement été parmi les plus efficaces au monde à répondre à la pandémie.»

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