/sports/opinion/columnists
Navigation

Qu’est-ce que Geoff Molson a en tête ?

Conférence Canadiens de Montréal
Photo Martin Chevalier Marc Bergevin a dû répondre à des questions sur son avenir avec le Canadien, jeudi.

Coup d'oeil sur cet article

Il est rare qu’un directeur général du Canadien commence une saison sans une prolongation de contrat en poche. Serge Savard était le dernier jusqu’à ce que le vice-président principal, affaires publiques et communications de l’équipe, Paul Wilson, informe les médias, jeudi, que la situation contractuelle de Marc Bergevin ne sera discutée qu’à la fin de la saison.

Dans le cas de Savard, ça s’était mal terminé.

C’était à l’automne 1995.

Après avoir vu le Tricolore s’incliner à ses quatre premiers matchs, Ronald Corey avait chassé Savard du Forum d’un coup de balai. 

André Boudrias et Carol Vadnais avaient été emportés aussi dans le grand ménage. 

Pour sa part, Jacques Demers avait été dépouillé de son poste d’entraîneur-chef, mais il avait accepté la proposition de Corey de succéder à Vadnais comme recruteur professionnel.

On avait rencontré Savard deux jours après son licenciement imprévu dans le penthouse de l’hôtel Marriott Château Champlain, dont il était copropriétaire. Il avait indiqué qu’il prévoyait partir à la fin de la saison.

À sa 13e année en poste, il s’était dit prêt à passer à autre chose, mais n’empêche.

Son congédiement l’avait fortement ébranlé. Il n’était pas parti selon ses termes. Il l’a eu sur le cœur longtemps.

Encore aujourd’hui, il doit se réveiller la nuit pour y penser.

Et si l’équipe se plantait ?

Geoff Molson pourrait-il réserver le même sort à Bergevin en cours de saison si son équipe traversait un hiver pénible ?

Car il faut bien le dire, les prévisions n’annoncent rien de bon à quatre jours de l’ouverture de la saison.

On a beau dire que les résultats des matchs préparatoires n’ont aucune importance, il reste que le Canadien n’a pas connu un bon camp d’entraînement.

On ignore quand Carey Price pourra revenir au jeu, et Shea Weber sera absent toute la saison, selon ce que Bergevin a fait savoir.

Pas le genre à décrocher

On peut s’imaginer ce que seront les prochains mois maintenant que le dossier Bergevin a été classé dans les affaires à régler plus tard.

Les spéculations quant à son avenir dans l’organisation suivront les courbes des performances de l’équipe sur la glace.

On continuera à se demander si Bergevin veut s’accorder une pause dans sa carrière ou s’il y a mésentente entre Geoff Molson et lui pour un nouveau contrat.

C’est vrai que Bergevin paraît exténué certains jours, mais il n’est pas du genre à abandonner. La longévité de sa carrière de joueur en est une belle preuve. Il a joué 20 ans dans la Ligue nationale.

Pas mal pour un défenseur de troisième duo.

Combien vaut-il ?

S’il entend décrocher à la fin de la saison, il cache bien son jeu.

À 56 ans, il lui reste de bonnes années à donner.

On peut donc penser que les modalités du contrat que Geoff Molson lui a offert en juillet dernier, selon ce qu’affirme le journaliste Pierre LeBrun, ne rencontraient pas ses aspirations.

Combien d’argent un directeur général peut-il gagner, au fait ?

Les plus expérimentés touchent 3 millions $ ou plus. Bergevin se classe dans cette catégorie.

Ceux qui commencent dans la ligue empochent entre 1 M$ et 1,5 M$.

Étonnamment, Bergevin n’est pas le seul de sa confrérie sans contrat au-delà de la saison à venir.

Pas le seul

Bob Murray, qui en est à sa 14e campagne avec les Ducks d’Anaheim, Don Sweeney, qui en est à sa septième avec les Bruins de Boston, Rob Blake, qui en est à sa cinquième avec les Kings de Los Angeles, et Don Waddell, qui en est à sa quatrième avec les Hurricanes de la Caroline sont dans le même bateau.

C’est beaucoup à ce stade de l’année.

Mais contrairement à Bergevin, ceux-là n’entendront pas parler de leur situation.