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Australie : Sydney sort de presque quatre mois de confinement

Australie : Sydney sort de presque quatre mois de confinement
AFP

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Les habitants de Sydney sortaient lundi de près de quatre mois d’un confinement strict, décrété dans la plus grande ville d’Australie pour faire barrage à l’épidémie de COVID-19. 

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Dans cette ville de cinq-millions d’habitants, un confinement avait été décidé à l’été pour empêcher la propagation du variant Delta du coronavirus, hautement contagieux.

Il a été levé après 106 jours de restrictions, au vu de la baisse des contaminations — 496 cas enregistrés lundi dans l’État de la Nouvelle-Galles-du-Sud, le plus peuplé du pays — et de l’avancée de la vaccination, avec plus de 70 % de la population âgée de plus de 16 ans complètement vaccinée.

Quelques lieux accueillant du public comme les bars ou les restaurants sont à nouveau ouverts pour les clients vaccinés.

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Peter Morgan, 35 ans, ne boudait pas son plaisir de recouvrer la liberté. « Même s’il gèle dehors, c’est tellement bon », se félicitait-il. « Ce sont des petits plaisirs qui compensent une grande partie du stress lié à l’enfermement ».

Les coiffeurs ont rouvert leurs portes avec un carnet de rendez-vous déjà bien rempli et dès le matin, des files d’attente se sont formées, en dépit d’une météo maussade. Brett Toelle, un client du salon de Surry Hills, dont la dernière coupe remonte à 15 semaines, était « impatient » de se faire coiffer.

Les accros du magasinage étaient ravis de pouvoir enfin s’adonner à leur activité préférée.

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À minuit, heure officielle de la levée du confinement, des centaines de personnes ont afflué à Kmart, un magasin proposant des produits à bas coût à Mount Druitt, dans la banlieue ouest de Sydney. Des images des longues queues au niveau des caisses ont envahi les réseaux sociaux.

Depuis juin, les magasins, écoles, commerces et entreprises étaient fermés pour les activités dites « non essentielles ». Les déplacements étaient limités à cinq kilomètres du domicile et il n’était pas possible de rendre visite à des proches, de pratiquer une activité sportive, de faire du magasinage ou d’assister à des funérailles.

« Un grand jour »

« Peu de pays ont adopté une approche aussi stricte, voire extrême, dans leur gestion de la COVID que l’Australie », a déclaré à l’AFP Tim Soutphommasane, universitaire et ancien commissaire australien à la discrimination.

Largement épargnée pendant les premiers mois de la pandémie grâce à une stratégie « zéro COVID », à la fermeture de ses frontières et à une politique de dépistage massif, l’Australie a subi une vague hivernale liée à la propagation du variant Delta, qui a obligé les deux plus grandes villes du pays, Sydney et Melbourne, à imposer un confinement de plusieurs mois.

« C’est un grand jour pour notre État », a déclaré Dominic Perrottet, récemment nommé premier ministre conservateur de la Nouvelle-Galles-du-Sud. Après « 100 jours de sang, de sueur et sans bière », a-t-il ajouté, « vous l’avez bien mérité ».

M. Perrottet a encouragé les clients à traiter le personnel avec gentillesse, craignant des tensions liées à l’interdiction des personnes non vaccinées dans certains établissements.

Le premier ministre australien Scott Morrison a salué cette journée comme celle des petits plaisirs retrouvés: « Être avec sa famille et ses amis, se faire couper les cheveux, prendre un repas ensemble, aller au pub et boire une bière avec ses potes ».

Des restrictions vont perdurer quelques semaines concernant les rassemblements et les voyages à l’étranger, et il faudrait aussi attendre pour la réouverture complète des écoles.

Cependant, la vie quotidienne commençait lundi à reprendre son cours normal. Les habitants ont à nouveau fait la queue au niveau des arrêts de bus et la circulation automobile était beaucoup plus dense.

Un rebond des contaminations est également redouté.

L’Association médicale australienne a dit soutenir « l’ouverture progressive de l’économie et l’assouplissement des restrictions », jugeant toutefois « essentiel d’observer l’impact de chaque étape sur la transmission et le nombre de cas ».

« Sinon, la Nouvelle-Galles-du-Sud pourrait encore voir les hôpitaux devenir complètement débordés malgré des taux de vaccination élevés », a ajouté l’organisme de santé.

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