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Les fantômes d’Alexis Martin

Alexis Martin
Photo courtoisie, Daniel Brière

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C’est à une conversation avec ceux qui nous ont précédés qu’Alexis Martin convie le public pour la pièce Les Morts, qui sera présentée à l’Espace Libre dès le 12 octobre prochain à Montréal.

Dirigé par son ami Daniel Brière, le comédien se retrouvera seul sur scène à échanger avec les disparus. Il s’agit d’un exercice pas si éloigné de son quotidien.

« Les morts hantent ma vie, confie Alexis Martin en entrevue téléphonique. Je me suis rendu compte que je suis tous les jours en dialogue avec quelqu’un qui nous a quittés. Cela prend une place importante dans mon cœur et dans mon imagination. »

Celui qui signe aussi le texte souligne donc la valeur de la mémoire des gens qu’il a côtoyés. « Quand on vieillit, on perd plus de gens, mentionne-t-il. Le théâtre des fantômes se peuple. Ce n’est pas triste, pas malheureux. C’est une façon d’approfondir la connaissance de ce qu’on est et d’où on vient. »

Au niveau sociétal, il fait valoir que le « passé fait la richesse d’une culture » et qu’il est donc important de ne pas l’oublier. « Une société se perpétue parce qu’il y a un dialogue entre les générations », note l’acteur.

Défi théâtral 

Cette pièce du Nouveau Théâtre Expérimental est la dernière d’un cycle marqué par la présence sur scène. Il y a eu Animaux (2016), avec entre autres une vache, un cochon et un chien sur les planches, ainsi que Bébés (2019), dont les protagonistes étaient des parents et leurs nourrissons. 

« C’est moins sexy que les bébés et les animaux, mais on va au bout de nos expériences, reconnaît le comédien. Ce n’est pas sinistre ou glauque. C’est une réflexion poétique autour des fantômes et des spectres. »

Avec Les Morts, le défi était de représenter des gens qui ne sont plus là. « On crée des dialogues avec une bande sonore, ainsi qu’une présence avec des effets de lumières », mentionne Alexis Martin.

Le duo Brière-Martin a notamment fait appel à Sylvain Bellemare pour la création sonore.

Seul

La pandémie de COVID-19 a influencé le spectacle, car pour éviter de naviguer avec les contraintes sanitaires, les créateurs ont choisi d’aller de l’avant avec une performance en solo.

Alexis Martin incarne un homme qui revisite la chambre de son enfance pour découvrir un passé familial qu’il croyait oublié. Il convient qu’« être seul sur scène, c’est un peu spécial ». Il préfère ainsi jouer avec des collègues. Mais l’acteur peut s’appuyer sur la bande sonore pour se repérer.

Néanmoins, le dramaturge n’a pas passé son automne seul avec son texte. Il a récemment terminé le tournage des Mecs à Radio-Canada. Et il se produira de nouveau à l’Espace Libre en février avec Évelyne Rompré et Daniel Brière, dans Une conjuration