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Protéger le français, oui mais...

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Photo Chantal Poirier Le rouleau compresseur de la CAQ est trop fort sur la protection du français.

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Le gouvernement Legault a passé l’épreuve du feu.

Trois semaines de commission parlementaire sur le projet de loi modernisant la Charte de la langue française sans déchirements, sans véritables affrontements.

Le consensus qu’il a bâti autour de l’urgence de contrer le déclin du français au Québec est trop fort. Malgré les doutes qui habitent les uns et les autres quant à l’ampleur de la réforme, nul n’ose si opposer vraiment.

Car doutes il y a. Ils sont nombreux, clairs, précis.

C’est le syndrome du « Oui mais ». Oui, on est d’accord avec l’urgence d’agir. Mais, de grâce, pas dans notre secteur !

Pas dans ma cour

La Ville de Montréal tient à être un partenaire dans le rayonnement du français, mais il ne faudrait pas encadrer trop sévèrement la langue dans laquelle les services du 311 sont offerts.

La Chambre de commerce croit à son devoir de promouvoir le français dans le monde des affaires, mais de là à imposer la traduction de tous les documents légaux, il ne faut pas exagérer.

Le commerce de détail croit à l’importance du français dans l’affichage, mais faut-il vraiment exiger que le français soit « nettement prépondérant » ? Devrons-nous magasiner au « Pneu Canadien » et chez « Meilleur Achat » ?

Dans un autre registre, les groupes de défense des réfugiés et immigrants célèbrent les ressources promises pour faciliter la francisation et l’intégration de ceux-ci, mais est-il réaliste d’exiger qu’en six mois ils ne communiquent qu’en français avec l’État et ses institutions ?

La liste des bémols est longue. Les inquiétudes légitimes. Les terrains d’entente existent.

Mais le gouvernement Legault voudra-t-il céder un millimètre sur le terrain de la langue ?

Rouleau compresseur

Voyez-vous, notre langue française est plurielle. Elle est prospère, décomplexée. Elle est une histoire d’amour, la somme de nos petites et grandes victoires.

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le gouvernement de tous les Québécois dans sa nouvelle campagne de publicité.

C’est simple : la CAQ s’est approprié corps et âme l’identité québécoise. Le doute n’est plus permis. Le coût politique trop élevé.

Le mirage du cégep

Ce n’est pas pour rien que le Parti Québécois s’évertue à déplorer que le gouvernement Legault n’ait pas le courage d’étendre la loi 101 aux cégeps, c’est le seul retranchement qu’il lui reste.

Le projet de loi 96 ratisse tellement large, que la loi 101 au cégep est devenue le cri de ralliement de tous ceux qui reprochent au gouvernement Legault sa timidité.

Quel cadeau du ciel pour la CAQ ! En modifiant 26 lois québécoises, par le biais de 201 articles, en modifiant unilatéralement la Constitution canadienne, il a encore l’air d’être modéré !

C’est le génie du projet de loi 96. Bien malin celui qui peut clairement prédire comment il freinera le déclin du français au Québec, mais il frappe fort !