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Quand le glanage rapporte à tout le monde

Quand le glanage rapporte à tout le monde
Photo courtoisie, Table de concertation en sécurité alimentaire de Portneuf

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Encore cette année, des producteurs de la Haute-Gaspésie ont ouvert leurs champs à de petits groupes de bénévoles à la recherche des fruits laissés derrière lors des récoltes principales. Et l’initiative rapporte à beaucoup de monde.

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Mine de rien, 500 kilogrammes de fruits ont ainsi été ramassés au cours d’une quinzaine d’activités de glanage au cours des dernières semaines, selon ce que nous a expliqué Alix Fournier, chargée de projet chez Les Anges-Jardins, un projet visant une plus grande autonomie dans la région.

«Lorsqu’on a lancé le projet en 2017, a mentionné Alix Fournier, on s’est d’abord constitué une banque de données et on s’est rendu compte qu’à Mont-Louis [où l’organisme est établi], par exemple, il y a beaucoup d’arbres fruitiers. L’idée était de récupérer ces fruits-là, qui allaient se perdre, et d’en faire le partage. C’est une façon de valoriser les denrées qui poussent déjà sur le territoire.»

Le glanage, comme on le voit en Haute-Gaspésie, gagne en popularité au Québec depuis quelques années. La pratique, qui remonte au Moyen Âge, s’observe dans neuf des 17 régions administratives de la province jusqu’à présent.

Dans Portneuf, par exemple, une centaine de bénévoles ont répondu à l’appel de la Table de concertation en sécurité alimentaire de la MRC, cette année, pour la deuxième année de suite. Les membres du petit bataillon ont arpenté les champs de cinq producteurs pour cueillir les fruits et les légumes laissés de côté lors des récoltes.

«L’an dernier, on a réussi à récupérer 14 000 kilos de fruits et de légumes dans les champs de nos producteurs agricoles qui, avant, étaient gaspillés», a souligné Sylvie Germain, chargée de projet à la Table de concertation en sécurité alimentaire de Portneuf.

Selon la formule de partage retenue un peu partout où le glanage se pratique au Québec, le tiers des végétaux récoltés lors de la récupération prend la direction des banques alimentaires qui viennent en aide aux plus démunis. Les cueilleurs en conservent un autre tiers, alors que la partie restante va au producteur.

«C’est une formule honnête», estime Christian Hébert, propriétaire du Domaine Hébert, situé à Deschambault-Grondines, dans Portneuf. Le Domaine Hébert cultive notamment des pommes et des framboises, destinées à la production de cidre et de vin.

«Ce que garde le cueilleur [glaneur] en fruits, c’est à peu près l’équivalent d’un salaire, de ce que j’aurais payé. La partie qui va à la banque alimentaire, c’est sensiblement ce que nous autres, comme entreprise, on fait déjà comme don annuel aux banques alimentaires. Puis, l’autre partie, nous autres on l’a pour la transformation», nous a indiqué le maraîcher.

Le projet mené en Haute-Gaspésie va toutefois plus loin que le simple glanage, raconte Alix Fournier.

«Les fruits orphelins [fruits récupérés non utilisés par les propriétaires], c’est un volet, et un autre, c’est l’installation d’aménagements qu’on appelle des haltes nourricières», a expliqué la chargée de projet.

Cinq de ces haltes existent pour le moment à Cap-Seize [un territoire non organisé situé juste au sud de Sainte-Anne-des-Monts], Sainte-Anne-des-Monts, Mont-Louis, Rivière-à-Claude et Cloridorme. Des arbres fruitiers, dont des pommiers, des pruniers, des cerisiers et même des pêchers y ont été plantés, de même que des arbustes aux fleurs comestibles, en collaboration avec les municipalités et des citoyens.

«On peut y cueillir des denrées, mais on donne aussi des formations de toutes sortes, comme la taille des arbres fruitiers», a souligné Mme Fournier, manifestement fière des résultats observés jusqu’à présent.

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