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Une pensée pour mon défunt père pendant l’hymne national

Conférence Canadiens de Montréal
Photo Martin Chevalier L’entraîneur-chef du Canadien, Dominique Ducharme.

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C’est assez spécial de rencontrer Dominique Ducharme, l’entraîneur du Canadien, qui est cité plus souvent qu’un premier ministre. Fait encore plus fascinant, ses décisions font partie des sujets de conversation des gens de 7 à 77 ans.

Dominique a un sens de l’humour sublime. C’est un homme qui a des valeurs dans la vie qui l’aident à être plus apprécié par ses amis et par ses joueurs. Comme plusieurs amateurs, j’avais envie de lui demander ce qu’il vivait présentement dans le vestiaire du Canadien. Mais je laisse cela aux soins de mes collègues.

Tu es natif de Notre-Dame-des-Prairies.

Notre-Dame-des-Prairies est situé en banlieue de Joliette. Mes parents, Jacques et Lucille, ainsi que mon frère Stéphane et moi demeurions dans un logement avant que mon père devienne propriétaire d’une maison modeste.


As-tu le souvenir d’un moment privilégié avec ton père ?

Je commençais à patiner. Bien assis dans la cuisine familiale, nos deux pieds sur le prélart, nous lacions nos patins et partions ensemble pour aller à la patinoire sous le sourire de ma mère.


Le sous-sol de la maison est devenu un terrain de jeu.

On disputait des matchs de hockey et de baseball « mousse » dans le sous-sol. D’ailleurs, mes parents voulaient qu’on s’amuse à la maison.


Baseball « mousse ».

Nous avions fabriqué une balle en mousse et nous utilisions un bâton en plastique. Un marbre et des lignes de démarcation étaient collés au mur du sous-sol, pour indiquer un simple, un double, un triple, un retrait ou un coup de circuit.


Qui est ton meilleur ami ?

Mon frère Stephane. Plusieurs Prairiquois se sont ajoutés, dont Alain Chalut, mais mon frère a toujours été présent.


Ton père était votre entraîneur sportif.

Mon père dirigeait des équipes de baseball et de hockey. Ma mère trouvait toujours les mots d’encouragement pour nous rendre heureux.


Tu as représenté le Canadien au Tournoi pee-wee de Québec.

Notre équipe avait remporté le championnat, nous donnant ainsi le droit de représenter le Canadien. À peine âgé de 12 ans, j’entre dans le Forum, je regarde les bannières suspendues au plafond. Dans le vestiaire, je retrouve mon équipement du Canadien avec mon nom sur un casier. Jacques Lemaire vient nous adresser la parole. Mes yeux étaient étincelants et mon cœur battait très fort lorsque j’ai sauté sur la patinoire du Forum.


Tu me dis que tu as vécu la même expérience avec les Expos.

Mon équipe de Joliette a disputé un match de baseball dans le cadre d’un programme culturel des Expos. Je me retrouve sur le terrain de mon idole au baseball, Tim Raines.


Des vacances, ce n’était pas une priorité.

Mes parents ont fait beaucoup de sacrifices pour mon frère et moi. C’était plus important pour eux qu’on puisse jouer au baseball l’été que de faire un voyage.


Le hockey, le baseball et le football.

Nous jouions au hockey et au baseball dans la rue et au football avec le droit de plaquer à l’école secondaire durant l’heure du midi. La direction de l’école Thérèse-Martin, à Joliette, a banni nos matchs, car il nous manquait un élément essentiel... nous ne portions pas d’équipement.


Tu as pu unifier les sports et les études.

Je n’avais pas le talent pour évoluer dans la LNH, mais le hockey m’a permis de terminer mes études à l’Université du Vermont et de jouer en France.


Deux anciens joueurs du Canadien t’ont aidé.

Deux gars de ma région. Lucien Deblois, qui a remporté la coupe Stanley avec le Canadien, et Marcel Bonin, gagnant de la coupe Stanley avec Gordie Howe et Maurice Richard.


Choisir entre le hockey et le baseball.

Le club Repentigny Junior Elite m’avait invité à son camp d’entraînement. Je croyais avoir de meilleures chances au hockey et alors je me suis aligné avec les Régents de Laval Midget AAA.


Un exemple de ton humour sublime.

Il me raconte : « J’avais 15 ans et j’assistais à un dîner d’hommes d’affaires qui soulignait entre autres mes succès au monticule ». Bien posé, il me dit : « C’était un monsieur des Expos qui était le conférencier invité, pas trop grand qui est devenu par la suite analyste ». C’était moi, Rodger Brulotte.


La première fois que tu as quitté la maison.

À 17 ans, je suis allé jouer au hockey à Hawkesbury et mon entraîneur était Bob Hartley. Mon coéquipier Jean-François Aubé et moi habitions chez la famille de Rock Lauzon.


As-tu aimé ton expérience en France ?

Je demeurais dans le sud de la France. La sieste entre 13 h et 15 h ne faisait pas partie de ma vie quotidienne québécoise. Cependant, j’ai bien apprécié la culture et la vie françaises.


Es-tu un bon cuisinier ?

Commençons avec mes talents de travaux manuels : nul comme dans zéro. Alors, je te confie que je me débrouille comme cuisinier.


Pourquoi aimerais-tu rencontrer les entraîneurs Phil Jackson et Bill Belichick ?

Afin qu’ils m’expliquent comment ils implantent leurs philosophies et leur savoir-faire au sein de leurs équipes respectives : une formation au basketball de 12 joueurs et l’autre de 60 joueurs de football.


L’amour pour tes enfants et ta conjointe

J’ai deux merveilleux enfants, Xavier et Alexane, qui sont aux études. Ma conjointe, Carine Paquin, est continuellement présente pour m’aider et m’appuyer. À la suite de la pandémie et des difficultés que certains joueurs du Canadien vivent, permettez-moi de rappeler à mes enfants et à ma conjointe comment ils sont tous importants dans ma vie et que je les aime beaucoup.