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«Une Seule Santé»: l’exemple de la maladie de Lyme au Québec

Dog giving handshake to a veterinarian
Photo Adobe Stock

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Dans le cadre de la semaine nationale de la santé animale, l’Association canadienne des médecins vétérinaires a choisi de promouvoir « Une seule santé » et l’effort de collaboration entre professionnels de diverses disciplines travaillant ensemble pour un objectif commun : la santé des gens, des animaux et de l’environnement. Parlons-en avec cet exemple très actuel qu’est la maladie de Lyme.

« Une seule santé », c’est cette notion qu’il existe des liens fondamentaux entre la santé animale, la santé humaine et la santé environnementale et que ces trois-là, l’animal, l’humain et l’environnement sont interreliés et interdépendants, un peu comme tous les organismes d’un écosystème à l’échelle planétaire. Pour que l’un soit en santé, les autres doivent l’être aussi ! 

Quand un est malade, il affecte les autres. À ce propos, on estime qu’environ 75 % des maladies infectieuses émergentes (le SARS-CoV-2 responsable de la COVID-19 est un bel exemple) et plus de 60 % de tous les agents infectieux qui affectent les humains sont d’origine animale. 

Quand un se dérègle, l’impact sur la santé est global. La transformation des écosystèmes et l’activité humaine, responsable en bonne partie des changements climatiques, a un impact majeur sur la santé humaine et animale.  

Par exemple, la montée en flèche du nombre de cas de maladie de Lyme chez les humains (et les chiens) au Québec est reliée à de tels changements. La maladie de Lyme, transmise par la tique à pattes noires, vient des États-Unis. Elle est ensuite apparue dans le sud du Québec puis elle a progressé vers le nord, au fil du temps, avec le réchauffement climatique. 

Le projet Bromont

Les contacts entre les tiques infectées et les humains augmentent aussi avec la croissance urbaine (construction d’habitations) qui se fait aux dépens des forêts, milieux de prédilection des tiques à pattes noires. Les animaux de compagnie, quand ils ne sont pas protégés par des médicaments contre les tiques, peuvent être des « vecteurs » de la maladie, simplement en transportant des tiques infectées dans l’environnement immédiat des humains, au retour d’une promenade dans des zones (hautes herbes, sous-bois, etc.) hébergeant des tiques à pattes noires. Les animaux de compagnie, à ce titre, peuvent servir de sentinelles pour le suivi de cette maladie plutôt grave chez l’humain.

Ainsi, les médecins vétérinaires ne font pas que soigner les animaux comme le bon vieux Dr Dolittle. Ce sont aussi des scientifiques qui participent et collaborent activement à cette santé globale, « Une seule santé », au même titre que les médecins humains, les biologistes, les épidémiologistes, etc. Un bel exemple de cette collaboration est le projet Bromont sur les tiques et la maladie de Lyme. 

Ce projet de recherche, toujours en cours, est mené par des chercheurs vétérinaires de l’Université de Montréal, en collaboration avec d’autres scientifiques de l’Agence de la santé publique du Canada, de la Direction de santé publique de l’Estrie, du Cégep de Saint-Hyacinthe et la Ville de Bromont. 

Les recherches en laboratoire et sur le terrain à Bromont suggèrent qu’il est possible de traiter efficacement les principaux réservoirs de la maladie en milieu naturel : les souris. Les souris sont traitées avec un acaride (produit tuant les tiques), déposé dans des appâts installés dans divers secteurs de la ville. 

Le traitement diminue le nombre de tiques qui infestent les souris et, par conséquent, le nombre de tiques infectées dans les secteurs traités, ce qui réduit le risque pour la santé publique. Un bel exemple d’« Une seule santé » et une histoire à suivre !