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Visages de notre histoire: portrait du frère Marie-Victorin (1885-1944)

Visages de notre histoire: portrait du frère Marie-Victorin (1885-1944)
Photo © Archives de la Ville de Montréal CA M001 BM001-05-P2194

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De Conrad Kirouac au frère Marie-Victorin

Le frère Marie-Victorin, alias Conrad Kirouac, est né le 3 avril 1885 à Kingsey Falls (Qc). Fils d’un commerçant aisé, Cyrille Kirouac, et de Philomène Luneau, il est le seul survivant d’une fratrie de dix frères et sœurs, tous morts de maladies infantiles. Malgré une santé précaire, le garçon prend goût aux études. Admirant l’œuvre des Frères des écoles chrétiennes responsables de son éducation, Conrad Kirouac décide de joindre la communauté sous le nom de frère Marie-Victorin en 1901, et cela, malgré la déception de son père qui désirait le voir reprendre l’entreprise familiale. En convalescence après une crise hémorragique causée par la tuberculose en 1903, le jeune professeur lit la Flore canadienne (1862) de l’abbé Léon Provancher. Cette première lecture fait naître un intérêt marqué pour la botanique. Cette passion le motive à réaliser de grands projets qui ont un impact majeur sur la communauté scientifique et montréalaise.

RÉALISATIONS

Botaniste et fondateur du Jardin botanique

Le frère Marie-Victorin (en noir) et Henry Teuscher (en gris) à la serre A-1 du Jardin botanique, 1936
Photo © Espace pour la vie, Jardin botanique de Montréal (Archives)
Le frère Marie-Victorin (en noir) et Henry Teuscher (en gris) à la serre A-1 du Jardin botanique, 1936

Parcourant la campagne en autodidacte, le frère Marie-Victorin devient rapidement un expert de la flore québécoise et répertorie même de nouvelles plantes. Il est le premier titulaire à la chaire de botanique de l’Université de Montréal créée en 1920. Le laboratoire de botanique de Montréal devient sous sa gouverne l’Institut de botanique de Montréal, dotée d’une vaste bibliothèque. Apôtre du partage des savoirs, l’infatigable chercheur participe en 1923 à la fondation de la SCHN (Société canadienne d’histoire naturelle) et de l’ACFAS (Association canadienne-française pour l’avancement des sciences). Il forme également une équipe pour réaliser son célèbre ouvrage encyclopédique : la Flore laurentienne (1935). C’est en 1925 qu’il s’intéresse au projet d’un jardin botanique à Montréal, envisagé depuis 1863, sans véritable succès concret. En 1931, il convainc le maire Camillien Houde de fonder officiellement l’institution. Avec l’architecte du paysage et horticulteur Henry Teuscher, le frère Marie-Victorin dresse les plans d’un jardin botanique idéal, qui est aujourd’hui cher aux Montréalais et Montréalaises.

HÉRITAGE 

L’éducation scientifique avant tout

Visages de notre histoire: portrait du frère Marie-Victorin (1885-1944)
Photo © BAnQ Vieux-Montréal, Conrad Poirier, P48,S1,P6405

Éducation, conservation et recherche : les trois axes de la mission du Jardin botanique reflètent les convictions profondes du frère Marie-Victorin, mais aussi celles de sa proche collaboratrice Marcelle Gauvreau. Éducateur et nationaliste, le frère Marie-Victorin prône l’enseignement des sciences pour favoriser l’émancipation économique des Canadiens français. Il donne préséance aux théories scientifiques, comme celle de l’évolution sur les explications religieuses. Lui qui discute déjà de sexualité en classe au collège de Longueuil dans les années 1910, il accorde au sujet un intérêt à la fois libéral et scientifique, comme le révèlent ses lettres « biologiques » qu’il échange avec Marcelle Gauvreau entre 1933 et 1944. Autant par son travail universitaire sur la répartition géographique de la flore américaine que par sa promotion de la culture scientifique auprès du grand public, le frère Marie-Victorin est une figure inspirante pour la jeunesse et l’un des grands précurseurs de la Révolution tranquille.

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