/news/green
Navigation

Un corridor pour la circulation sécuritaire des animaux sauvages

Un corridor pour la circulation sécuritaire des animaux sauvages
PHOTO COURTOISIE / Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière  

Coup d'oeil sur cet article

Un corridor de biodiversité vient d’être aménagé dans l’est de la région de Lanaudière pour permettre aux oiseaux et animaux sauvages de circuler sans danger d’un côté à l’autre d’une route passante.

Long de 400 mètres, le corridor, situé aux limites des municipalités de Sainte-Élisabeth et de Sainte-Geneviève-de-Berthier, a été créé sur 100 mètres de largeur dans une coulée agricole sillonnée par un ruisseau et bordée de part et d’autre par des champs de maïs et de soya. Les chevreuils, marmottes, grenouilles, mulots et autres pourront, dans cet espace réservé, aller d'un milieu forestier à l'autre, en passant sous la route 158.

La 158 est une route importante de la région de Lanaudière. Elle la traverse du sud à l'ouest et se rend jusqu’à Saint-Jérôme, dans la région voisine des Laurentides.

Pas moins de 46 espèces animales, incluant oiseaux, mammifères et amphibiens, pourront bénéficier du nouveau corridor de biodiversité implanté cet été, estime la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière (FCEL), initiatrice du projet.

La flore aussi dans la mire

«On a fait un inventaire de la faune et de la flore en 2018, ce qui nous a aussi permis d'identifier 56 espèces végétales dont la propagation sera favorisée par ce couloir qui relie le bois de Sainte-Élisabeth à un ensemble boisé qui rejoint la Réserve écologique des Tourbières-de-Lanoraie», explique Michel Leboeuf, biologiste et directeur général de la FCEL.

Le printemps dernier, quelques centaines d'arbres ont été plantés dans le corridor et d'autres encore le seront au printemps prochain, afin de favoriser le déplacement des oiseaux.

«Les petits oiseaux se font attaquer par les oiseaux de proie lorsqu'ils sont à découvert. En créant des îlots d'arbres, on leur permet de sauter de l'un à l'autre en sécurité. Ce sont eux qui vont disséminer des graines dans leurs fientes en se déplaçant, et ainsi favoriser la distribution des espèces végétales», dit M. Leboeuf.

Des espèces menacées pourront en bénéficier, comme la grive des bois, un oiseau forestier, de même que la chauve-souris argentée, un mammifère volant.

C'est en constatant le morcellement des habitats, très peu reliés entre eux dans le sud de la région, que la FCEL a pris la décision de créer ce corridor de biodiversité, en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

«On a identifié des noyaux de conservation et évalué à l'aide d'un programme géomatique comment la faune peut circuler entre ces noyaux. Ça nous a donné 15 corridors potentiels, certains très grands. Le corridor qu'on a choisi de faire était particulièrement facile à réaliser», mentionne Michel Leboeuf.

La connectivité entre les habitats va devenir de plus en plus cruciale pour la sauvegarde des espèces, dit M. Leboeuf. «Avec le réchauffement climatique, beaucoup d'espèces vont vouloir migrer vers le nord. Les corridors sud-nord seront d'autant plus importants.»

Les tiques, ou l'agrile du frêne pourraient-ils en profiter pour se déplacer vers le nord? «Ça a fait l'objet d'un gros débat, mais la science a démontré que malgré la circulation des pathogènes ou «mauvaises espèces», les bénéfices sont largement supérieurs», affirme Michel Leboeuf.

D'autres corridors de biodiversité ont été aménagés ou sont en voie de l'être dans plusieurs régions du Québec, entre autres par la Fondation de la Faune du Québec et en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.