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À l’école du rock

À Montréal, un établissement redonne espoir et confiance aux instrumentistes en herbe

GEN - IMMERSION ROCK
Photo Martin Alarie Les membres du trio Hell Tacos : Eleni Morin- Charlebois, (14 ans, basse), Paul Anthony G. (12 ans, batterie) et Youri Barteau (15 ans, guitare), en compagnie de Patrick Minville, l’initiateur du projet d’école de musique destiné aux jeunes de 7 à 17 ans.

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« Je veux être musicien, j’ai commencé quand j’avais 3 ans, j’ai toujours voulu cela, explique Paul Anthony Gémus, 12 ans, batteur des Hell Tacos. C’était cool de jouer en groupe avec des gens de mon niveau et de faire un spectacle » ! Et c’est par le biais des classiques du rock que les jeunes se découvrent chez Immersion Rock Montréal.

Dans l’un des studios de pratique aux murs capitonnés, trois membres du groupe Les Hells Tacos (un nom provisoire) me livrent une prestation improvisée privée de Paranoid de Black Sabbath. Leur niveau de maîtrise instrumental impressionne et à leur plaisir évident de jouer se greffent un sérieux et un respect pour la musique.

« La plupart de mes amis n’aiment pas la musique, donc c’était bien de rencontrer des gens qui partagent ma passion, explique la bassiste Eleni Morin-Charlebois, 14 ans. Ça permet de la motivation pour pratiquer et s’améliorer en jouant en groupe. »

C’est en participant au camp immersif d’une semaine de l’école de rock du quartier Verdun que ces jeunes – qui ne se seraient probablement jamais parlé s’ils avaient fréquenté la même école régulière – sont devenus amis.

Ensemble, ils ont pu former un groupe, pratiquer et enregistrer dans de véritables studios, tourner un vidéoclip, prendre part à une session de photos et offrir un vrai spectacle en pleine rue de l’église à Verdun.

« J’ai beaucoup aimé faire un concert, confie le guitariste montréalais Youri Barteau, 15 ans, qui aimerait poursuivre en musique au cégep. J’étais surtout stressé avant de jouer mon solo, que j’avais appris en seulement une semaine et qui est difficile, mais quand j’ai commencé à jouer, ça allait tout seul. »

Des classiques

Les yeux de ces jeunes brillent lorsqu’ils parlent de vieux classiques du rock et de musique alternative.

« J’aime surtout le rock, j’ai joué du Led Zeppelin surtout, ajoute Youri. Quand je suis venu ici, j’ai pu découvrir Deep Purple ; maintenant je commence à l’écouter et essayer de jouer ça. Je fais aussi beaucoup d’improvisation. »

Ces jeunes ont tellement apprécié leur semaine de camp qu’ils ont décidé, par eux-mêmes, de continuer à venir répéter à l’école toutes les deux semaines.

« Ce que j’ai vu, c’est que ça a fait une étincelle, ajoute Bryan Génus, le père de Paul Anthony. C’est devenu tangible pour lui : le monde réel de la production de spectacles, le monde de la musique. Il voyait les vrais studios professionnels dans une vraie entreprise qui enregistre avec de vrais bands qui y pratiquent. Il y a de l’équipement, des accessoires, tout. Le spectacle dans la rue lui a permis de réaliser un petit bout de rêve. »

La musique en héritage

Musicien autodidacte, Patrick Mainville confie avoir manqué de confiance en lui dans sa jeunesse. Comme c’est la musique qui l’a aidé à prendre sa place dans le monde, il a voulu « donner au suivant ». L’ouverture de l’établissement a eu lieu en juin dernier, en pleine pandémie.

« La musique nous aide à nous exprimer, il y a quelque chose de magique dans le fait de vivre cela ensemble, explique le directeur d’Immersion Rock Montréal. On s’attendait à ce que ça marche, mais jamais je n’aurais pu mesurer l’impact sur les jeunes. »

Avec un peu plus de 100 étudiants âgés de 7 à 17 ans ayant formé une vingtaine de groupes l’été dernier, la première édition de ces camps musicaux a dépassé toutes les attentes du fondateur. Celui-ci peut d’ailleurs dire merci à sa fille de 7 ans qui lui a donné l’idée de fonder cette école de musique rock.

« Je deviens très émotif quand je vois les étudiants terminer leur semaine de camp et que j’ai l’impression que la place est à eux. Je veux travailler à apporter les meilleurs éléments pour faire naître le sentiment de liberté et d’autodétermination chez ces jeunes qui, souvent, ne trouvent leur place nulle part et je tiens à ce que ça demeure accessible à tous. »


◆ Cet automne, Immersion Rock Montréal propose une Session Rock (formule tout inclus avec enregistrement, vidéo et spectacle) et Rock Libre (comprenant un cours d’instrument, un cours de band et des répétitions libres avec les musiciens sur place).

◆ Tarifs : Session Rock (valable pendant 3 mois) 366 $ par mois, Rock Libre (3 mois) : 250 $ par mois, Rock libre (9 mois) : 200 $ par mois. Pour infos : www.immersionrockmontreal.com

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