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Des millions dans une société de cryptomonnaies controversée

La Caisse refuse de dévoiler sa part dans une ronde de financement de 400 M$

Le chef de la direction de Celsius Network, Alex Mashinsky (premier à partir de la gauche), souligne sur LinkedIn qu’il a fondé trois entreprises valant plus d’un milliard de dollars américains. On le voit ici en compagnie d’investisseurs satisfaits, la semaine dernière.
Photo tirée de Twitter Le chef de la direction de Celsius Network, Alex Mashinsky (premier à partir de la gauche), souligne sur LinkedIn qu’il a fondé trois entreprises valant plus d’un milliard de dollars américains. On le voit ici en compagnie d’investisseurs satisfaits, la semaine dernière.

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Alors que l’Autorité des marchés financiers (AMF) invite à se méfier du buzz de cryptomonnaies, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) vient d’annoncer une ronde de 400 M$ US avec WestCap dans la firme de cryptos controversée Celsius Network.

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« Pour pallier le risque d’activités criminelles, Celsius a mis en place des protocoles de vérification d’identité suivant des standards reconnus comme le KYC (connaissance du client) et AML (anti-blanchiment) », a répondu la porte-parole de la Caisse Elena Gabrysz quand Le Journal lui a demandé si les accusations de blanchiment d’argent de cryptos sont une préoccupation.

Fin septembre, les autorités réglementaires américaines de l’État du Kentucky ont ordonné à Celsius d’arrêter d’offrir certains types de comptes, a rapporté Bloomberg. Cette interdiction faisait suite à celle des régulateurs du Texas, de l’Alabama et du New Jersey, selon le média économique. 

Mardi, en journée, Alex Mashinsky, chef de la direction de Celsius Network, dont l’actif dépasse les 25 milliards $ US, n’était pas disponible pour une entrevue. Par communiqué, Celsius a mentionné qu’elle se servira des fonds pour élargir sa gamme de produits et doubler son équipe de 486 employés, pour atteindre un nombre de près de 1000.

Réglementation à adapter

Au Journal, la Caisse a indiqué que chaque investissement fait l’objet d’une analyse rigoureuse et que Celsius travaille de façon « constructive » avec les autorités et qu’elle continue « d’adapter son modèle d’affaires ».

« La CDPQ croit qu’une réglementation de l’industrie est nécessaire afin d’encadrer ses pratiques et assurer la protection des consommateurs et a l’intention de promouvoir cette idée via cet investissement », a ajouté Elena Gabrysz, de la Caisse de dépôt. 

Pour Simon Dermarkar, professeur agrégé au département de sciences comptables de HEC Montréal, le fait que la Caisse mise ses œufs dans une firme de cette industrie est encourageant.

« La Caisse va poser les bonnes questions. Elle va s’assurer de la légalité de la chose. Elle va peut-être même aider à ce que l’encadrement réglementaire se fasse de manière plus sophistiquée », a-t-il analysé.

« Étant donné qu’il n’y a pas la même quantité d’informations dévoilées sur ces entreprises que sur les sociétés publiques, c’est plus difficile d’évaluer à la fois les risques et les opportunités de ces projets-là », a observé de son côté Denis Schweizer, professeur de finance à l’Université Concordia.

Mardi, l’Autorité des marchés financiers (AMF) n’a pas pu répondre aux questions du Journal sur la firme Celsius. Au début du mois, l’AMF a publié une capsule intitulée « Cryptos? Les fraudeurs peuvent en profiter...».

« L’Autorité souhaite sensibiliser les investisseurs sur le fait que l’acquisition de cryptos peut être risquée. Les fraudeurs peuvent en profiter et les risques de volatilité sont élevés. Il est possible de perdre beaucoup d’argent », avait-elle prévenu.

WestCap a été mise sur pied par un ancien dirigeant d’Airbnb, Laurence Tosi.

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