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La pression de Montréal, vraiment?

Coyotes c. Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Carey Price, que l’on voit ici en action face à son nouveau coéquipier Christian Dvorak, alors avec les Coyotes de l’Arizona, compose très bien avec la pression de jouer à Montréal.

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L’annonce de Carey Price réclamant l’aide de la Ligue nationale pour des problèmes d’ordre mental m’a étonné et personne ne l’a vu venir, mais de là à déduire que c’est la pression de jouer à Montréal qui l’a affecté, je ne le crois pas une seconde. 

Entre joueurs, on entend parfois des histoires sur certains qui ont des problèmes, mais dans le cas de Price, c’est sorti de nulle part. Il n’y avait aucun drapeau rouge. Lorsque Stéphane Richer a dit, par exemple, « qu’il n’y avait pas que le hockey dans la vie », c’était un drapeau rouge. En santé mentale, c’est presque toujours le cas. 

Si Marc Bergevin avait la larme à l’œil dans son point de presse, ça m’indique que le problème est sérieux. On s’imagine différents scénarios, mais l’ami et ancien entraîneur spécialisé de Price, Stéphane Waite, a eu le mérite d’écarter clairement les hypothèses de dépendance à l’alcool, à la drogue ou au jeu. 

Un gros impact 

On ne sait toujours pas la nature des problèmes de Price, mais Waite a dit avoir bon espoir de voir son ancien élève s’en remettre et c’est rassurant. L’autre bonne nouvelle, c’est que tout comme Jonathan Drouin, Price a lancé un message fort sur l’importance de demander de l’aide lorsqu’on éprouve des problèmes d’ordre mental. 

Si le geste de Drouin a eu un gros impact au Québec, celui de Price porte davantage, car il est une grande vedette au Canada et même aux États-Unis. Mais les deux méritent toutes nos félicitations, tout comme la joueuse de tennis Naomi Osaka et la gymnaste Simone Biles, qui ont abordé le sujet. Plus des personnalités publiques parleront de santé mentale, plus elles inciteront les gens affectés à demander de l’aide. 

D’ailleurs, j’ai l’impression que Price a essayé par lui-même de s’en sortir, lors de la courte saison estivale, et qu’il s’est rendu à l’évidence, tout récemment, qu’il avait besoin d’aide. 

Aucun lien 

Les problèmes de Price, selon moi, ne sont pas liés à la pression de jouer pour le Canadien. J’en suis certain. Peut-être fut-ce le cas pour Drouin, qui est plus jeune, mais certainement pas Price à 34 ans, car il a surmonté toutes les épreuves depuis ses débuts avec le Canadien, en 2007. 

Être gardien de but du CH vient avec son lot de pression. On passe à travers des situations difficiles et à la longue, il y en a une qui nous sort de Montréal. 

Si l’on comparait cette dynamique à un jeu Nintendo de 30 niveaux, je dirais que je me suis rendu au niveau 20, Patrick Roy au niveau 24 et Carey Price, au niveau 30. Personne n’a duré plus longtemps que lui devant le filet du Canadien. 

Chill-out 

Si Price avait craqué en séries, il aurait été plus vulnérable mentalement, mais, au contraire, il a livré des performances étincelantes. La défaite en finale contre le Lightning a fait mal, mais il a réalisé quelque chose d’exceptionnel.  

Ne me dites pas que cette défaite contre Tampa Bay est la cause des problèmes du gars du chill-out ! De celui dont on disait qu’il ne travaillait pas assez fort, de celui qui a brillé pendant 72 matchs de 2010-2011 après le printemps Halak, de celui qui a raté pratiquement une saison complète après avoir gagné les trophées Hart et Vézina et avant de revenir en force. 

Price est aussi celui qui a permis à son équipe de revenir de l’arrière 3 à 1 contre les Maple Leafs de Toronto en séries. 

Price est humain, mais il compose très bien avec la pression de jouer pour le CH. La cause de ses problèmes, selon moi, est autre et il a pris les bons moyens pour s’en sortir. Ça prendra le temps qu’il faudra, mais il rebondira. Il a tout mon appui. 

– Propos recueillis par Gilles Moffet 

Entrefilets  

L’acquisition de Montembeault

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Photo Chantal Poirier

Le dossier Carey Price nous amène à nous questionner sur l’acquisition du gardien Samuel Montembeault la semaine dernière. D’après moi, Marc Bergevin se doutait que la guérison du genou de Price serait un peu plus longue que prévu, mais il ne s’attendait pas à la révélation d’un problème plus important. Chose certaine, il s’agit d’une belle occasion pour Montembeault, qui secondera Jake Allen. 

Pression double sur Allen 

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Photo Martin Chevalier

Pour l’instant, il faut considérer Jake Allen comme le gardien numéro un du Canadien ; c’est une chance en or pour lui. Il a eu des succès mitigés dans ce rôle chez les Blues de St. Louis et je crois qu’il est prêt pour une deuxième chance. Il pourrait s’affirmer comme numéro un et il ne serait pas le premier gardien à connaître ses meilleures saisons dans la trentaine, un peu comme Tim Thomas, Dwayne Roloson ou même Craig Anderson.

Le CH, la déception ? 

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Photo d'archives, Martin Chevalier

J’avais prédit que le Tricolore serait la déception de l’année avant l’annonce concernant Carey Price et c’était dans la perspective qu’une équipe finaliste rate les séries. C’est encore très probable après la perte de leaders tels que Price, Shea Weber et Corey Perry. Par contre, le choc de la nouvelle concernant Price peut avoir un effet rassembleur et c’est ce qui s’est passé en 2001-02, lorsque j’ai connu ma grosse saison. La perte de notre capitaine, Saku Koivu, pour la saison nous avait soudés et l’on avait réussi à se qualifier et à battre les Bruins de Boston au premier tour.

Nouvelles de la Floride 

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Photo d'archives, AFP

C’est tout un contrat que les Panthers ont accordé à leur capitaine, Aleksander Barkov, huit ans pour 80 millions $. C’est assez évident qu’il est le leader de cette équipe en compagnie de Jonathan Huberdeau, et je crois que c’est un bon investissement. Les Panthers veulent battre le Lightning, qui ont accordé une prolongation de contrat bien méritée à leur entraîneur, Jon Cooper. Je crois qu’il représente bien le modèle idéal de l’entraîneur moderne.