/news/currentevents
Navigation

Montréal: balles perdues dans leurs maisons

Au moins quatre domiciles ont été touchés par des projectiles à Rivière-des-Prairies dans la nuit de lundi à mardi

Montréal: balles perdues dans leurs maisons
Photo Agence QMI, Pascal Girard

Coup d'oeil sur cet article

Réveillés en sursaut par des projectiles qui se sont logés jusqu’à l’intérieur de leurs résidences, des citoyens de Rivière-des-Prairies peinaient encore à se remettre de leurs émotions mardi en avouant ne plus se sentir en sécurité.

« Vous vivez une vie simple, vous essayez de tout faire correctement et vous n’êtes même pas en sécurité dans votre propre maison. Où sommes-nous en sécurité ? Ça me dévaste », souffle Marisa Cantini, 55 ans, encore secouée par sa nuit blanche. 

Sur le pas de la porte, elle montre le trajet de la balle, qui a traversé sa porte la nuit dernière pour se loger profondément dans le mur de son entrée. Les policiers ne sont pas parvenus à la déloger : elle devra la conserver en souvenir. 

Vers 1 h dans la nuit de lundi à mardi, des voisins du parc Pehr-Kalm à Rivière-des-Prairies ont soudainement été sortis de leur sommeil par des coups de feu en provenance de la rue Galissonnière. Les tireurs visaient vraisemblablement deux véhicules situés de l’autre côté du parc. 

Au total, 16 douilles ont été trouvées sur place par les policiers, et au moins quatre maisons ont été touchées par des projectiles. 

Une policière inspecte la scène après la fusillade qui a éclaté vers 1 h, dans la nuit de lundi à mardi, dans un quartier de Rivière-Des-Prairies.
Photo Agence QMI, Pascal Girard
Une policière inspecte la scène après la fusillade qui a éclaté vers 1 h, dans la nuit de lundi à mardi, dans un quartier de Rivière-Des-Prairies.

De bord en bord de la chambre

Dans deux résidences jumelées de l’avenue Rolland-Germain, des balles ont carrément traversé la chambre de bord en bord, en passant au-dessus du lit des propriétaires qui dormaient à poings fermés. 

« Je suis resté dans mon lit et j’ai appelé le 911. Je ne voulais pas me lever pour risquer d’avoir une balle en pleine face. La balle a traversé le cadre de la fenêtre, un meuble, le mur, la céramique, et elle a fini dans le bain », relate Lansy Martinez, 38 ans.

Le père de deux enfants explique que le secteur est « généralement tranquille », bien que le parc grouille souvent de gens qui ne sont pas du coin. 

Sa voisine, une femme de 61 ans, hésitait à ouvrir la porte au Journal. Elle n’a pas voulu donner son identité, par crainte de représailles. Elle frissonnait en repensant à la balle qui a traversé sa chambre. 

L’une des balles a traversé une porte pour se loger dans un mur à l’entrée.
Photo Roxane Trudel
L’une des balles a traversé une porte pour se loger dans un mur à l’entrée.

« C’est vraiment effrayant. Si c’était juste un peu plus bas, la balle m’aurait frappée. On n’a pas dormi de la nuit. Ça fait peur. Ils ont commencé à tirer sans penser que ça va loin ces balles-là. Des gens pourraient être blessés », s’inquiète-t-elle. 

En 30 ans, elle explique n’avoir jamais entendu des coups de feu dans ce secteur paisible où viennent se promener de nombreuses familles et groupes d’amis. Au plus, elle a déjà vu des feux d’artifice dans le parc. 

« Ce que je trouve fâchant, c’est qu’ils ne pensent pas à ceux qu’ils peuvent atteindre au passage. C’est presque rendu comme aux États-Unis. C’était un gros choc, on ne croyait jamais voir ça ici », ajoute-t-elle en secouant la tête. 

Au moins quatre résidences de l’avenue Rolland-Germain ont été touchées par des projectiles.
Photo Roxane Trudel
Au moins quatre résidences de l’avenue Rolland-Germain ont été touchées par des projectiles.

Les tireurs ne font pas attention

C’est d’ailleurs à trois kilomètres de là que des coups de feu ont retenti le 1er septembre dernier, à l’heure du retour à l’école. Au total, une douzaine de balles avaient été tirées en direction d’un homme de 20 ans, qui a évité le pire. 

Mère de deux jeunes enfants qui profitaient du parc, mardi, Catherine Lachapelle, 39 ans, songe à déménager. 

« La fusillade où il y avait eu trois morts et deux blessés [en plein jour, en août], c’était à même pas 100 mètres de la garderie d’un de mes fils. Ils ne peuvent plus faire des sorties à cause de ça. Ce n’est pas agréable du tout », s’inquiète la maman. 

« Avant, c’était plus des règlements de compte ciblés. Là, on dirait que c’est des gangs qui ne font pas attention aux gens qui ne sont pas impliqués », ajoute-t-elle.   

À VOIR AUSSI...