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Des retraités piégés par la PCU

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Depuis quelques semaines, des retraités se plaignent de voir fondre leur Supplément de revenu garanti (SRG) parce qu’ils ont touché la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Ils ont raison de protester, la manière dont est gérée cette affaire est totalement injuste. Des retraités à faible revenu se retrouvent avec quelques centaines de dollars de moins par mois, pour de mauvaises raisons. Ottawa doit corriger le tir.

Revenu de travail vs PCU

La question fait jaser depuis quelque temps, depuis la fin de l’été, en fait, quand les retraités affectés ont constaté la réduction ou la disparition pure et simple de leur prestation de SRG. Jusqu’à maintenant, on a surtout soulevé l’incapacité de nombreux prestataires à faire réviser leur dossier à l’aide du formulaire ISP-3041. Ce formulaire, comme je l’expliquais samedi, permet d’alléguer une baisse de revenu afin que le calcul du SRG ne tienne pas compte de certains montants perçus l’année précédente, en l’occurrence la PCU. C’est apparemment compliqué. À mon avis, ce n’est pas là le nœud du problème. Pour les gens concernés, la PCU n’est pas considérée comme un revenu de travail, bien que la prestation vienne justement remplacer des revenus d’emploi. Le point qui tue ! Et c’est là qu’on doit apporter un correctif. 

Exemption de revenu de travail

Le SRG est coupé de 50 cents pour chaque dollar de revenu déclaré, quelle que soit la source, sauf la pension de la sécurité de la vieillesse.

Autre exception, introduite en 2019 : la première tranche de 5000 $ de revenu d’emploi est entièrement exemptée, ainsi que la moitié des revenus gagnés suivants, jusqu’à 15 000 $. Auparavant, seuls les premiers 3500 $ étaient exclus du calcul du SRG. 

L’idée derrière est d’inciter les retraités les moins riches à améliorer leur sort et à atténuer la pénurie de main-d’œuvre. Avant 2019, l’impôt de récupération touchant le SRG constituait un véritable éteignoir pour n’importe quel retraité peu nanti qui contemplait l’idée d’arrondir ses fins de mois avec un travail à temps partiel. 

Ces exemptions, voyez-vous, ne s’appliquent pas aux revenus tirés de la PCU. Voilà le drame.  

  • Écoutez la chronique économique d'Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio: 

Retour en arrière

Pour se qualifier à la PCU, on devait avoir déclaré l’année précédente au moins 5000 $ de revenu d’emploi. Ça donnait droit à 500 $ par semaine durant sept mois, pour un total potentiel de 14 000 $. Y a-t-il des prestataires du SRG qui en ont profité ? Comme les autres, quoiqu’on me rapporte que des retraités n’ont pas osé demander plus que ce qu’ils avaient perdu à cause de la COVID. 

Au contraire des plus jeunes qui sont retournés travailler, les personnes âgées se retrouvent aujourd’hui pénalisées.

L’ampleur des pertes

L’Union des consommateurs presse Ottawa de changer son fusil d’épaule. L’organisme, qui réunit les associations coopératives d’économie familiale, signale que jamais les bénéficiaires du SRG n’ont été avisés du danger. Remettons-nous dans le contexte : l’implantation de la PCU s’est faite en catastrophe, et ce n’est que plus tard qu’on en a précisé le traitement fiscal. 

L’Union a préparé quelques cas de figure. En voici un pour vous donner une idée. L’impact d’un revenu d’emploi de 10 000 $ se traduit par une baisse de 104 $ par mois en SRG, soit 1248 $ par année. Avec la même somme en PCU, aucunement exemptée, la perte s’élève à 417 $ par mois, ou 5004 $ par année. 

La solution me semble pourtant simple dans ce cas : une prestation destinée à remplacer des revenus de travail devrait être considérée comme telle dans le calcul du SRG. 

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