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Où étaient Bergevin et Molson?

Conférence Canadiens de Montréal
Photo Martin Chevalier Marc Bergevin n’avait pas aimé répondre aux questions des journalistes sur sa situation contractuelle, jeudi dernier, lorsqu’il a annoncé que Carey Price serait à l’écart de l’équipe pour au moins 30 jours.

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Marc Bergevin est-il déjà sur son départ ? Sinon comment expliquer son absence à la rencontre de presse annonçant la prolongation de contrat de Nick Suzuki ? La coutume veut que le directeur général soit présent lorsqu’il accorde un gros contrat à l’un de ses joueurs. Le propriétaire est souvent sur place, lui aussi.

Or, pas de trace de Geoff Molson ni de Bergevin, hier midi, au complexe d’entraînement du Canadien, à Brossard.

Vous aurez probablement remarqué, d’ailleurs, que M. Molson ne s’est pas adressé aux journalistes depuis longtemps.

Il n’était pas là non plus au bilan de la saison dernière, qui s’était pourtant terminée avec une place en finale de la Coupe Stanley.

Le DG est blessé

C’est par un laconique commentaire en une phrase que Bergevin a résumé la prolongation de contrat consentie à Suzuki.

« Nous sommes heureux de nous assurer les services de Nick pour les huit prochaines saisons », pouvait-on lire dans le communiqué diffusé par le Canadien.

Je sais pourquoi Bergevin n’était pas au côté de Suzuki pour cette belle occasion. Le cœur n’y était pas, tout simplement.

Pas besoin d’être un génie pour savoir que Bergevin est déçu de sa propre situation contractuelle. On l’a senti chaque fois que le sujet a été abordé lors de ses dernières rencontres avec les médias.

S’il croyait avoir l’estime de Geoff Molson, il doit se dire encore plus maintenant que les sentiments n’ont pas leur place en affaires.

Car le fossé séparant les deux hommes dans leurs pourparlers pour que leur association se prolonge au-delà de la saison qui s’amorce ce soir est bel et bien d’ordre pécuniaire.

Passation des pouvoirs

Bergevin a néanmoins convaincu son patron que Suzuki est le joueur qu’il lui faut pour les neuf prochaines saisons, en incluant celle qui commence.

Si Bergevin est dans le noir concernant son avenir, il vient de donner le signal de la passation des pouvoirs dans le vestiaire.

À ses yeux, Suzuki est le futur joueur de concession du Canadien. Le jeune homme de 22 ans a joué un rôle de premier plan dans la folle épopée du Tricolore dans les dernières séries.

Suzuki est déjà appelé à prendre de plus en plus de place dans la formation avec les absences de Shea Weber et de Carey Price.

Un placement bien calculé

C’est un grand témoignage de la confiance que lui accorde le Canadien en investissant 63 millions $ sur sa tête. Aucun attaquant n’avait eu droit à pareil engagement financier avant lui dans l’histoire de l’organisation.

Certains disent que c’est trop d’argent pour un joueur qui a encore tout à prouver. 

Mais ne dit-on pas que le Canadien a récompensé Brendan Gallagher pour ce qu’il a fait dans le passé et non pour ce qu’il sera en mesure de faire au cours des six prochaines campagnes, considérant son âge et l’usure de son corps ?

Comme les joueurs marginaux sont les seuls à signer des contrats d’un an, il ne sert à rien de s’étendre sur la pertinence d’accorder des ententes à long terme.

Ainsi vont les choses dans la loi de l’offre et de la demande.

Regardons seulement le cas de Jesperi Kotkaniemi.

Un Patrice Bergeron en devenir

Suzuki a progressé à ses deux premières saisons dans la Ligue nationale et à moins d’imprévus, il continuera sur sa lancée au cours des prochaines années.

Il est un diamant brut à polir.

Son embauche à long terme n’est pas le fruit du hasard. Le jeune a une bonne tête sur les épaules. Il est intelligent sur la patinoire.

Claude Julien a déjà tracé un parallèle entre lui et Patrice Bergeron, qu’il a eu le bonheur de diriger pendant 10 saisons à Boston.

La comparaison est bonne.

Si Suzuki reste humble, comme il en a exprimé le désir, hier, il ira loin et le Canadien se félicitera de lui avoir consenti cette généreuse prolongation de contrat.

À la grâce de Dieu ! 

Dominique Ducharme sait parfaitement dans quoi il s’embarque avec son équipe. Pour lui, le Canadien se retrouve où il était avant le début des séries, le printemps dernier.

« Il n’y a pas grand monde qui croit en nous. On va s’arranger pour que ça change », a-t-il dit avant de partir pour Toronto, hier.

C’est le bon message à envoyer aux partisans.

À quoi bon jouer, sinon ?

Garder la tête hors de l’eau

Une saison est faite de hauts et de bas.

Comme l’a dit Brendan Gallagher hier, ses coéquipiers et lui devront éviter de sombrer dans des séries d’insuccès trop longues.

Tous les points seront importants et il en faudra beaucoup pour mériter une place en séries.

Michel Bergeron et Kevin Dubé ont été les seuls à prédire que le Canadien y arriverait parmi nos 15 analystes ayant fait connaître leurs prédictions dans notre cahier spécial du début de saison, publié samedi dernier.

Même Réjean Tremblay, dit le Prophète, qui avait annoncé que le Tricolore remporterait la coupe Stanley la saison dernière, n’a osé prédire une participation en séries à son équipe préférée.

C’est bien pour dire.

Mais souhaitons que le Canadien donne raison au Tigre et à Dubé, car un printemps sans séries à Montréal, c’est drôlement ennuyant.

Et, comme le retour du baseball n’est pas pour demain, il ne faudrait pas que ça se produise encore trop souvent au cours des prochaines années.

Du monde, enfin !

En terminant, il fera bon de revoir des gradins remplis au maximum de leur capacité au Centre Bell.

Même si les amateurs ne sont pas toujours tendres à leur endroit, les joueurs du Tricolore seront contents de les retrouver.

Le septième joueur a son importance. Il contribue au spectacle et il est un précieux atout pour une équipe.

Bonne saison à tous !