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Pourquoi se lance-t-on en politique?

Pourquoi se lance-t-on en politique?

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Qu'est-ce qui pousse une personne à se présenter en politique municipale, de nos jours? L’ancien député péquiste de Roberval Denis Trottier a des réponses qui font réfléchir à cette question. 

«Il y a beaucoup d'ambition, mais pas beaucoup de vision», a affirmé mercredi celui qui dit peut-être tout haut ce que plusieurs pensent tout bas.

La campagne municipale n'impressionne pas Denis Trottier. «Augmenter les services et baisser les taxes. Celle-là, je pensais qu'elle était finie. Eh bien non! Le père Noël est encore un personnage très important.»

Un projet d'aréna, de piscine ou de garage municipal ne changera pas la donne, selon celui qui a aussi été maire de Péribonka et conseiller municipal du temps de Dolbeau avant la fusion avec Mistassini.

«Le simple fait que ce soit eux ou elles qui vont être en poste, ça va amener de grands changements et que la Ville va être mieux gérée. C'est plus compliqué que ça.»

Que pense-t-il de la course à la mairie de Saguenay?

«Avec sept candidatures, ça veut dire que la population est divisée, que les leaders, eux-mêmes, sont divisés. La personne qui va être élue va être élue avec peut-être 30 % du vote. Ça veut dire qu'il va y avoir 70 % des gens qui n'auront pas voté pour cette personne-là. Ça ne fait pas une grosse légitimité.»

Denis Trottier aimerait que les élus proposent de gérer nos ressources naturelles. «On ne peut pas accepter que nos ressources soient gérées par des gens qui ne veulent pas vivre en région», a-t-il dit.

Il souhaiterait que la moitié des redevances des grandes compagnies reviennent aux MRC et à Saguenay. Actuellement, 97% des redevances sont versées dans le Fonds des générations. «Ça équivaudrait à 40 millions $ par année, chaque année. Ce n’est quand même pas rien.»

Il espère voir des candidats proposer des plans concrets de lutte aux changements climatiques. «Si on attend le grand jour pour faire changer quelque chose, ça ne marchera pas», a-t-il indiqué.

Puis, il suggère aux candidats de mettre de l’avant une politique d’initiatives référendaires qui permettrait aux citoyens d’être entendus.

Un autre point fait réfléchir dans cette élection municipale, c'est la présence féminine. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a 183 candidates, dont 23 proposent leurs services à la mairie de l’une ou l’autre des municipalités. Ce total de 183 candidates signifie que 35 % de toutes les candidatures sont des femmes. C'est mieux que les 30,1 % de 2017.

«Je suis très fière des femmes qui ont accepté de relever le défi», a affirmé la chargée de projet chez Récif 02, Gisèle Dallaire.

Elle-même a été deux fois candidate pour le Nouveau Parti démocratique (NPD). Elle offre des formations pour intéresser les femmes à la politique municipale.

«Quand tu es dans une petite municipalité pour le poste de maire, la moyenne est entre 6000 $ et 23 000 $. C'est vraiment peu quand on pense que c'est un travail pratiquement à temps plein», a argumenté Mme Dallaire.

La conciliation travail-famille n’est pas simple non plus étant donné qu’elle incombe encore souvent aux femmes.

Une autre facette de la vie politique pourrait éloigner des femmes de ce milieu, selon Mme Dallaire, ce sont les réseaux sociaux.

«Les médias sociaux, ça fait peur. C'est un choix. Soit que tu rentres dans la "game"... Pour les femmes, les propos sont encore plus vexants, attaquent plus le physique. C'est très blessant.»

Dans la région, cinq mairesses ont déjà été élues par acclamation. Une seule municipalité sur 50, L'Anse-St-Jean, n'a aucune candidate pour cette élection.