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Report de la vaccination obligatoire: un sursis jusqu’à la prochaine fois

Les syndicats de la santé de Québec estiment que le ministre Dubé ne fait que repousser le problème

Report de la vaccination obligatoire: un sursis jusqu’à la prochaine fois
Photo d'archives, Agence QMI

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La décision de repousser au 15 novembre la vaccination obligatoire pour les travailleurs de la santé est un sursis qui est le bienvenu, mais qui ne fait que repousser le problème, insistent les syndicats de la région de Québec.

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La volte-face du ministre Dubé n’aura pas l’effet escompté sur le personnel non vacciné, croient les principaux syndicats de la santé de la Capitale-Nationale.

«Si les 14 000 personnes restantes [au Québec] se font vacciner d’ici là, tant mieux pour le ministre, mais moi je n’y crois pas tant», indique la présidente locale de la FIQ, Nancy Hogan. «Leurs convictions ne changeront pas d’ici là.»

Même son de cloche du côté du syndicat des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale-CSN, pour qui l'on ne fait que «repousser le problème». 

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«On comprend qu’on a évité de rentrer dans le mur vendredi, mais qu’est-ce qu’on va pouvoir faire pour l’éviter d’ici le 15 novembre? On ne pourra pas en inventer du personnel», insiste son président, Richard Boissinot, admettant lui aussi que le «noyau dur» ne pourrait être convaincu.

Les syndicats disent «avoir fait leur part»

Et si Québec appliquait vraiment son décret le 15 novembre, les syndicats seraient-ils prêts à maximiser les efforts de communication auprès de leurs employés, pour réduire les impacts d’une telle décision?

«L’effort, on l’a fait, on est vaccinés à 92%-93%. Rendu là, les non-vaccinés, vous voulez qu’on leur dise quoi?» questionne Nancy Hogan, insistant sur le fait que le réseau n’aura pas le luxe de se priver de qui que ce soit.

«Même si on était à 100%, ça changerait quoi? Le vrai problème, ce n’est pas tant le vaccin, c’est la surcharge de travail et le temps supplémentaire obligatoire. Ce sont des plans de contingence et du temps supplémentaire qui font que nos hôpitaux fonctionnent, ce n’est pas normal», martèle la représentante de la FIQ, qui espère voir le ministre revenir sur sa décision d’imposer le décret.

Du côté du STTCIUSSSCN-CSN, on confie également «être très frileux avec l’obligation de vacciner», car certains membres y perdraient beaucoup.

«Les gens ont quand même des droits. La suspension sans solde vient avec beaucoup de choses», mentionne Richard Boissinot.

Occasion de «prendre la bonne décision»

De son côté, la direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale a qualifié le report de l’imposition du décret sur la vaccination obligatoire d'«occasion».

«C’est une occasion que doivent saisir les employés non vaccinés pour aller chercher les deux doses de vaccin», estime Mélanie Otis, porte-parole du CIUSSS, précisant que l’organisation avait bon espoir de les voir prendre «les bonnes décisions».

En date du 11 octobre, sur près de 20 000 employés, 372 personnes n’étaient toujours pas vaccinées au sein de l’effectif actif du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 66% de ces employés travaillent en directions cliniques, alors que le tiers restant effectue des tâches administratives.

L’évolution du nombre de non-vaccinés dans les dernières semaines démontre tout de même que la menace qui planait sur ces derniers aura eu un impact. De 1655 non-vaccinés au sein du CIUSSS le 8 septembre, il n’en reste que 372 actuellement, une diminution de 77% en un mois.

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