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Des organismes craignent une vague d’hommes en détresse

Les nombreuses publicités gouvernementales auraient eu l’effet escompté

Violence hommes
Photo d’archives Geneviève Landry, directrice générale d’Entraide pour hommes et présidente du réseau À cœur d’homme, s’inquiète d’une recrudescence des appels.

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Des organismes qui viennent en aide aux hommes violents craignent d’être ensevelis sous une nouvelle avalanche de demandes et de ne pas pouvoir y répondre adéquatement alors qu’une augmentation des appels à l’aide se fait sentir.

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« Je sens qu’il y a plus de demandes qui rentrent et je suis un peu inquiète. Je me dis : est-ce qu’on va se retrouver à la même place [qu’au début de l’année] dans quelques mois ? » a soulevé Geneviève Landry, directrice générale d’Entraide pour hommes et présidente du réseau À cœur d’homme.

En effet, alors que le Québec assistait à une vague de féminicides en mars dernier, des ressources en avaient plein les bras. Les listes d’attente s’étiraient sur plusieurs mois.

Et maintenant, la sensibilisation réalisée au cours des derniers mois auprès de la population et « le fait qu’on en parle positivement » provoqueraient une nouvelle vague d’appels à l’aide, selon Mme Landry.

  • Écoutez l’entrevue de Geneviève Landry, directrice générale d’Entraide pour hommes et présidente du réseau À cœur d’homme

Déprime

« Je trouve ça triste qu’il y ait beaucoup de listes d’attente, que ce soit long, qu’il y ait autant de gens qui veulent se responsabiliser, s’aider, que ce soit compliqué d’avoir accès à ces services-là », a souligné Pierre-Luc, qui préfère taire son nom. 

C’est en entendant des publicités et des témoignages d’hommes violents à la radio plus tôt cette année que l’homme de 30 ans a décidé de prendre le téléphone et d’appeler Entraide pour hommes. 

« J’étais déprimé, je voulais tout quitter, je voulais laisser ma blonde, a souligné Pierre-Luc. J’avais beaucoup de colère à cette période-là. »

Celui qui s’est difficilement adapté aux restrictions imposées par la pandémie usait de violence verbale et émotionnelle envers sa copine et ses enfants. 

Comme l’attente était trop longue pour les rencontres de groupe, il a obtenu davantage de séances avec une thérapeute. Depuis, « il y a eu beaucoup de progrès sur ma personne et ça a un impact sur mon entourage », fait savoir Pierre-Luc.

Embauches

Pour permettre aux intervenants du milieu de souffler, le gouvernement québécois a confirmé en avril l’investissement de près de 20 millions de dollars. Mais pour certains hommes en détresse, ce fut trop peu, trop tard. 

« Ça me rend triste justement de ne pas avoir été en mesure d’aider ceux qui nous ont appelés et qu’on n’a pas été capables de servir, dit Robert Cazelais, directeur général de Pro-Gam. Normalement, quand quelqu’un cherche de l’aide, c’est maintenant. »

Or, de nouvelles embauches ont pu être réalisées en août, ce qui inspire confiance à M. Cazelais. 

« Je ne sais pas si ça va réduire [l’attente], mais on va pouvoir venir en aide à plusieurs usagers, mais est-ce qu’il y aura plus de demandes, c’est possible aussi », évoque-t-il. 

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE   

SOS violence conjugale  

Ligne québécoise de prévention du suicide  

Tel-Jeunes  

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