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737 MAX: l'ancien pilote de Boeing inculpé ne veut pas être un «bouc émissaire»

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AFP

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Un ancien pilote d'essai de Boeing inculpé jeudi pour ne pas avoir transmis des informations importantes au régulateur américain de l'aviation, la FAA, lors de la certification du 737 MAX ne veut pas devenir un «bouc émissaire», a indiqué son avocat vendredi. 

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Mark Forkner, 49 ans, est le premier individu poursuivi au pénal dans l'enquête sur les causes de deux écrasements de 737 MAX en 2018 et 2019 ayant fait 346 morts.

«Cette tragédie mérite qu'on recherche la vérité - pas un bouc émissaire», a indiqué son avocat, David Gerger, dans un message transmis à l'AFP.

«Si le gouvernement porte vraiment cette affaire en justice, la vérité montrera que Mark n'a pas causé cette tragédie, qu'il n'a pas menti et qu'il ne devrait pas être inculpé», a-t-il ajouté.

M. Forkner a été inculpé jeudi par un grand jury au Texas. Il lui est reproché d'avoir fourni à la FAA «des informations fausses, inexactes et incomplètes» sur un changement apporté au logiciel de commandes de vol MCAS, mis en cause dans les deux tragédies. Et de l'avoir fait pour faire économiser de l'argent à Boeing.

Dans un message à un collègue révélé en 2019, il avait notamment indiqué que le logiciel rendait l'avion difficile à piloter en simulateur.

Mais il a délibérément choisi de ne pas partager ces informations avec la FAA, ce qui avait conduit le régulateur à ne pas exiger de formation spécifique des pilotes et à ne pas inclure de référence au MCAS dans les documents de formation.

Boeing a déjà reconnu sa responsabilité dans la manipulation des autorités et accepté en janvier de verser plus de 2,5 milliards de dollars pour solder certaines poursuites. Mais personne n'avait encore été poursuivi au pénal dans ce dossier.

Des représentants des familles de victimes ont aussi estimé vendredi que M. Forkner était surtout un «bouc émissaire».

«Boeing a organisé un système récompensant les gains financiers à court terme et Mark Forkner évoluait au sein de ce système», a ainsi commenté Nadia Milleron, la mère d'une des victimes de l’écrasement d'Ethiopian Airlines en mars 2019.

«Les procureurs peuvent et doivent chercher d'autres gens responsables de ces accidents. Toutes les familles qui ont perdu quelqu'un ressentent la même chose: les dirigeants et le conseil d'administration de Boeing devraient tous aller en prison», a-t-elle ajouté dans une déclaration transmise par un représentant du cabinet d'avocats défendant des familles de victimes.