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L’homme qui plantait des légumes

1016 CASA Fleurs et potager
Photo courtoisie Réal Migneault, fondateur de la Ferme de rue Montréal.

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Un an seulement après sa création, la Ferme de rue Montréal est devenue un véritable écosystème urbain où poussent une impressionnante diversité de légumes, de fruits, de fines herbes et de fleurs mellifères.

Il y a quelques années, Réal Migneault, l’instigateur de ce formidable projet, a fait une demande pour pouvoir utiliser une parcelle de terrain du sanctuaire Saint-Jude, situé en plein cœur du quartier Ahuntsic, afin d’y cultiver des plantes comestibles. Suite à l’obtention d’une réponse positive en 2019, la Ferme de rue Montréal a donc pris racine dans un espace d’une superficie d’environ 600 m2.

La Ferme de rue est non seulement productive, mais elle est aussi fort belle.
Photo courtoisie, Albert Mondor
La Ferme de rue est non seulement productive, mais elle est aussi fort belle.

Durant l’été 2020, sous la supervision de M. Migneault, une trentaine de citoyens du quartier se sont mobilisés pour enlever les herbes qui couvraient le site et pour effectuer la préparation du sol. Ils ont ameubli la terre à l’aide d’une grelinette et y ont incorporé de grandes quantités de compost. Particulièrement motivés, ils ont aussi planté quelques centaines de bulbes d’ail en vue d’une récolte l’année suivante.

Puis, au printemps dernier, les plantes potagères ont été semées et mises en terre. Cette première année de culture a dépassé toutes les attentes de Réal Migneault. Ce fut une saison riche en apprentissages durant laquelle il a pu se familiariser avec le site et déterminer quelles étaient les plantes comestibles les mieux adaptées et les plus productives. Cependant, comme tout bon agriculteur, Réal croit qu’il y a encore beaucoup de choses à améliorer dans ce projet et il est parfaitement conscient de tout le travail qu’il y a à accomplir pour y arriver.

Un kiosque installé dans la quincaillerie Rona Major & Major, située sur la rue Sauvé, permet de vendre aux citoyens les légumes produits à la Ferme de rue Montréal. Il s’agit de la première entente du genre au Québec. Toutefois, pénurie de personnel oblige, Réal a dû se résoudre à fermer le kiosque temporairement et à vendre lui-même les denrées produites directement aux restaurateurs et citoyens du quartier le soir après le travail au champ.

1016 CASA Fleurs et potager
Photo courtoisie, Albert Mondor

Rien ne semble toutefois décourager le fondateur de la Ferme de rue puisque l’an prochain, il prévoit installer un conteneur dans lequel on pourra effectuer les semis, laver et réfrigérer les légumes récoltés et entreposer du matériel. Il aimerait aussi éventuellement installer un deuxième conteneur dans lequel serait créé un kiosque servant à la vente des légumes.

La plupart des plantes comestibles typiques les plus consommées telles que les tomates, les carottes et les laitues sont cultivées à la Ferme de rue Montréal. Cependant, on y retrouve aussi plusieurs variétés de végétaux méconnus, qui sont très appréciés par les restaurateurs du quartier que la ferme approvisionne chaque semaine. Ainsi, des plantes fort originales telles que la ficoïde glaciale, le radis melon d’eau, le shiso et les épinards de Malabar sont récoltés chaque semaine pour le plus grand bonheur des citoyens du quartier qui fréquentent les restos du coin.

Retour à la terre

Les récoltes sont abondantes à la Ferme de rue Montréal.
Photo courtoisie, Albert Mondor
Les récoltes sont abondantes à la Ferme de rue Montréal.

Il y a maintenant plus d’une vingtaine d’années que Réal Migneault s’est installé dans le quartier Ahuntsic. Il a fait ses premiers potagers dans les jardins communautaires et, en accord avec son propriétaire, il a ensuite utilisé le terrain entourant l’endroit où il habite pour y faire la culture de plantes comestibles. « J’ai rapidement atteint l’autosuffisance et obtenu trop de légumes pour les besoins de ma famille. Je suis donc en quelque sorte devenu le fournisseur de nourriture de ma communauté. »

Avant de prendre ce virage vers l’agriculture urbaine, Réal Migneault travaillait pour une grande firme d’architecture montréalaise en tant que conseiller international en développement durable, un travail plutôt exigeant et stressant. « Quand je me retrouvais dans mon potager, à cultiver des légumes, j’étais bien, j’étais vraiment heureux et parfaitement dans le moment présent. » En 2017, Réal décide donc de vivre sa passion à plein temps et entreprend des études à l’Institut national d’agriculture biologique du Cégep de Victoriaville.

Puis, en 2020, il crée la Ferme de rue Montréal, contribuant ainsi à l’éducation populaire concernant l’agriculture urbaine ainsi qu’à la sécurité alimentaire de son quartier. « C’est une expérience très gratifiante de partager ma passion pour l’agriculture urbaine avec les gens, spécialement les enfants. Rien n’est plus gratifiant que de voir les jeunes venir cueillir des tomates à la ferme une fois leur journée d’école terminée ! », explique Réal.